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Au récit continu des batailles, des traités, des intrigues, (Fernand Braudel) |
C'est ce que je vais m'efforcer de faire ici. Tenter de remonter le temps,
de faire ressurgir des traces de vie de mes ancêtres, d'en démêler l'écheveau, de les replacer dans leur
contexte. A ce titre je vais faire de la généalogie.
La science généalogique consiste à rechercher l'origine et étudier la composition des familles. Ce qui ne signifie pas réaliser une liste toute sèche de noms & de dates. Mais bien au contraire s'efforcer de replacer chacun de ses ancêtres dans son environnement sociologique et historique.
Commencer à s'intéresser à ce
sujet, c'est mettre timidement le bout du doigt dans un engrenage passionnant qui vous entraîne beaucoup
plus loin que vous ne le pensiez au départ.
C'est très enrichissant car il faut s'intéresser à tout : l'histoire, la géographie, la paléographie,
la toponymie, l'anthroponymie, la sociologie, les statistiques, la graphologie, les religions, l'architecture, l'organisation
administrative... tout cela pour se donner le maximum de chances afin de remonter le temps.
Mais que de récompenses !!
généralités |
la vie sociétale |
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Comme vous le voyez les sujets ne manquent pas. Certains ont bien avancés, d'autres sont encore à la traîne... mais tout va bientôt être là. Enfin... je l'espère !
... bonne question ! Voici une réponse trouvée dans la revue Informations sociales n° 30, 1993(1)
| pour l'historien | c'est l'espace de temps qui sépare chacun des degrés de filiation |
| pour le sociologue | c'est l'ensemble des personnes (...) à peu près du même âge et ayant vécu les mêmes expériences historiques |
| pour l'ethnologue | c'est l'ensemble des individus appartenant à un même degré de descendance |
| pour le démographe | c'est une cohorte (...) constituée par l'ensemble des personnes nées une même année (la cohorte est l'ensemble de personnes ayant vécu un même évènement démographique durant une période donnée) |
D'après Jacques Meurgey de Tupigny dans son Guide des recherches
généalogiques aux archives nationales (2), on compte environ trois générations
par siècle
en ligne masculine (de la naissance du père à la naissance du fils, etc...)
D'après un article paru dans Gé Magazine dont je n'ai malheureusement pas gardé les références, il est dit à ce propos
niveau |
intitulé |
| cousin germain de son père et de soi | "oncle et neveu à la mode de Bretagne" (ou de Bourgogne) |
| enfants issus de 2 cousins issus de germains | des "remués de germains" |
| petits enfants de 2 cousins issus de germains | des "hermets de germains" |
| ensuite | la parenté se compte par degrés, il n'y a pas d'appellation particulière |
Pour s'y retrouver dans le décompte des générations, si nécessaire pour comprendre les dispenses de mariage par exemple, encore faut-il connaître le degré de parenté reliant un individu et le membre de la famille qui l'intéresse.
Ce degré de parenté représente le nombre de générations qui les sépare.
Pour en savoir plus et bien comprendre la complexité de la chose (car il y a différence de calcul entre droit canon et droit civil), une page du site "guide généalogique.com" intitulée "Liens de parenté, degrés de parenté et implexe".
En matière de droit civil, un tableau très complet est également paru dans la revue
Intérêts Privés n° 474 de janvier 1992 page 37.
Chacun d'entre nous est l'aboutissement d'une longue chaîne qui fait qu'aujourd'hui, je suis moi, rien que moi et tout moi et vous-même rien que vous et tout vous.
Cette réflexion "basique" pourrait
nous faire apparemment verser dans le déterminisme pur et dur. Or il n'en est rien, car comme l'a si
bien dit Nina Canault(3), si notre “esprit”, notre “intelligence”, “ce
lieu d’où émerge notre créativité même, n’est pas autre chose
que la continuation de l’esprit, de l’intelligence et de la créativité des générations
antérieures, et, plus étroitement, de ceux dont nous sommes pétris : nos parents et ancêtres",
il n'en demeure pas moins que nous avons notre part de liberté et de responsabilité individuelles. "Si
je leur dois quelque chose (...), je dispose toutefois d’un potentiel de nouveauté, de création,
d’originalité". Et d'enfoncer le clou : “Mon destin m’appartient.
Il n’est pas à mes ascendants”.
Ainsi nul ne
sera jamais un clône de l'un de ses ancêtres. D'autant que les progrès de la génétique
le prouvent. En effet, l'analyse fine du code barre génétique en relevant des marqueurs spécifiques (le
chromosome Y transmis de père en fils, et un ADN dit "mitochondrial" transmis par les mères)
permet de préciser les origines de chacun (4). Ainsi après analyse de
ses gènes (par l'achat d'un kit à retourner à un laboratoire) peut-on apprendre que depuis
l'existence de l'homme sur terre l'on est 89 % européen, 5 % est-asiatique et 6 % d'Afrique sub-saharienne
par exemple. Cela nous fait remonter le temps d'une façon impossible autrement. Intéressant,
non ? Allez,
venez bloguer...
(1) Les familles à quatre générations par Christiane Delbès et Joëlle Gaymu
in revue Informations sociales n° 30, 1993 - p 8 à 12
(2) Guide des recherches généalogiques aux archives nationales, Jacques Meurgey de Tupigny;
avec une étude sur les recherches biographiques aux Archives de la Seine par François de Vaux de Foletier avant-propos de Charles Braibant (Ministère de l'Education Nle - D° des Archives) - Imprimerie Nle, 1953. Réédité en 1956.
On y trouve une bibliogr. p. 85-100 et un index.
Ce livre est indispensable dès que l'on veut aborder les Archives Nationales. Hélas il est épuisé et donc il faut avoir la chance de pouvoir le trouver en livre d'occasion ou le consulter par exemple à la BNF à Tolbiac (sa référence est 8-L43-119 et sa notice sur le site de la BNF est FRBNF36273329)
Un exemplaire existe également à la bibliothèque de l’Institut de recherche et d’histoire des textes (CNRS/UPR 841)
40, Avenue d'Iéna à Paris
(3) Comment paye-t-on
les fautes de ses ancêtres, Nina Canault, Ed. Desclée de Brouwer 1998 p. 13, 81
C'est ce qu'Hermann Hesse qu'elle cite disait déjà en 1949 “(...) chacun de nous est le dépositaire
d’un héritage et le porteur d’une mission"
(4) Dans sa chronique parue dans Le Figaro du 10 mai 2006 et intitulée "la généalogie est-elle atteinte d'une fièvre génétique ?", Jean-Luc Nothias signale le projet "Genographic" mis en place par la National Geographic Society en association avec IBM et la Waitt Family Foundation et dont l'objectif est d'analyser des centaines de milliers d'échantillons ADN relevés dans les communautés indigènes et chez tous ceux qui le veulent.
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