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PIXIS
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Jean Chéreau
violoniste
Un jour de vacances où ma grand-mère ouvrait son
armoire, elle me montra le violon de mon père... je n'en revenais pas. Il ne m'en avait jamais parlé,
même pas pour m'encourager à faire ces sacrées gammes à mon piano.
A sa retraite, alors qu'il se consacrait à soigner sa
femme, je lui suggérai de se remettre au violon pour se changer les idées, mais à mon grand regret
il ne le fit pas.
Et lorsqu'après le décès de mes parents en rangeant le grenier je retrouvais le violon, je regrettais
de ne pas en avoir entendu le son jaillir des mains de mon père. Seules deux
photos dont l'une ratée illustrent son utilisation. C'est ainsi qu'il y a des pans de vie de ses parents que
l'on ignore.
Qu'en faire ? garder un instrument qui ne "vit" pas
? Je trouve cela bien triste. Et l'idée surgit de le proposer à un violoniste poitevin de notre connaissance,
spécialiste dans la musique traditionnelle de cette région. Son groupe oeuvre à reconstituer
les morceaux d'autrefois puis à les jouer et à les enregistrer pour les faire connaître. Un vrai
travail d'ethnographe musicien.
Le remerciement ne se fit pas attendre et je vous laisse juge de sa délicatesse
: le violon nous raconte sa nouvelle vie et un enregistrement accompagne
le courrier. C'est ce que j'appelle un "vrai" remerciement !
Enfin, j'entendais le son de cet instrument ! Papa, où que tu sois je sais que tu as approuvé ma décision
et que tu es heureux que je puisse entendre ton violon. Merci du fond du coeur à celui qui me permet ce bonheur.

MAJ
lundi 12 mars, 2007
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