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icône d'un arbre généalogique LA PAROISSE

la religion dans la vie de nos ancêtres

 

Il n'est pas de société qui n'ait eu la foi. La foi en des dieux. Puis la foi en un dieu dont le nom fluctue au gré des religions, lesquelles organisent et légifient sur la façon de croire et le mode d'emploi.

La croyance en une entité supérieure aux hommes se retrouve dans les sociétés les plus anciennes. D'autrefois à aujourd'hui elles croyaient et croient encore à des dieux sous formes multiples ou uniques. Petit à petit se sont rajoutés ceux qui ne croient en aucun dieu, mais ce n'est que depuis naguère que "l'homme vulgaire" a le droit de ne pas croire.

Car le poids de la société était tel que l'on ne pouvait pratiquement pas échapper à l'application des croyances de son époque. Ce qui est encore vrai dans bien des régions du globe. Et nous avons du mal à le comprendre, occidentaux que nous sommes.
Cela n'empêcha pas toutefois certains de fonder la franc-maçonnerie.

Il arrive aussi parfois que la religion se défende. Et l'on en arrive alors à ce type de représentation


document personnel

Mais nul n'oublie la place difficile occupée en France par les protestants. C'est ainsi que j'ai été intéressée par un document intitulé "Livre des habitants de Genève", tome I - 1549-1560 qui permet de retrouver des protestants français partis se réfugier en Suisse. (1)
A ce titre, j'ai entré dans une base de données les noms cités, ce qui m'a permis de faire des tris par régions, par noms ou par métiers selon les besoins.
Mais dans un premier temps je ne l'ai fait que pour l'Auvergne et pour la région lyonnaise au sens propre à l'époque : Rhône, Loire, Isère (arr. de Vienne), Saône & Loire (arr. de Mâcon), Ain (arr. de Bourg en Bresse). Vous trouverez la liste de ces protestants sur la page qui leur est dédiée.

Je ne ferai pas ici une histoire de l'histoire des religions. Juste rappeler comment était organisée la foi de nos ancêtres depuis la mise en place de l'Eglise catholique en France. Car les structures d'alors nous permettent aujourd'hui de retrouver la trace des hommes et des femmes d'autrefois.


La paroisse est sous l'Ancien Régime à la fois unité religieuse et unité administrative ; sauf en Velay où le "mandement" est la cellule de base de l'organisation judiciaire et fiscale distincte de la paroisse (elle pouvait n'en recouvrir qu'une partie ou à l'inverse porter sur plusieurs paroisses. (2)

Le curé a la responsabilité de sa paroisse. Il peut être nommé

par l'évêque,
par le châtelain
ou par le décimateur dont il relève.

Il peut être assisté d'un ou de plusieurs prêtres. Le vicaire est celui qui exerce en second les fonctions attachées à un office ecclésiastique.
Dans les registres paroissiaux on lit parfois également les mots "communaliste" et "clerc" pour désigner un prêtre.
Communaliste : il s'agit alors d'un prêtre originaire de la paroisse et y demeurant mais dont la fonction ne lui procure aucune ressource (3).
Clerc : c'est un postulant à la prêtrise dont la préparation intellectuelle et morale a lieu dans une cure proche de son lieu d'origine, car le recrutement local est très fréquent. (4)

Enfin peut-être est-il nécessaire de rappeler que pour entrer dans les 'ordres sacrés', dits aussi 'ordres majeurs' la famille devait constituer au futur diacre ou prêtre 80 livres de revenus (5).
Sur ce sujet, une précision est apportée sur le forum du CGHAV du 22 octobre 2010 par Alain Rossi concernant ce financement du titre clérical de 'curé'. Cela

"(...) signifiait que les parents avaient avancé l'argent du "Titre clérical" qui représentait entre 1.200 et 1.600 livres (de façon à assurer au curé la rente à 5 % comme miniumum vital afin de ne pas l'obliger à mendier son pain)
A la disparition du curé le titre était remboursé à la famille et, ainsi,
(le reste de la somme) ne disparaissait pas de son patrimoine. Souvent aussi, il était transféré sur la tête d'un neveu qui prenait la succession de son oncle.
Immobiliser une telle somme pour 30 ou 40 ans, représentait un gros sacrifice pour la famille qui devait donc en avoir les moyens. (...).
On notera en outre que la création de ce titre clérical donnait lieu à l'établissement d'un contrat notarié et comme il dépassait 50 livres, ce contrat nécessitait une insinuation dans les registres de Riom sans doute."
(donc une piste intéressante pour trouver des infos)

Ce qui veut dire qu'un parent de curé fait vraisemblablement partie d'une famille de bourgeois, de notaires ou gros laboureurs.

la rémunération des prêtres

seront les points abordés ci-après, suivis d'une bibliographie

la fabrique

"C'est pour l'aménagement de l'église que se manifestent les premières formes organisées de la vie collective". En effet, l'aumône collective pour acheter des objets religieux, les legs entraînent "une gestion collective, plus ou moins directe, des paroissiens sous un contrôle ecclésiastique" . Cette organisation porte le nom de "fabrique". (6)

Ainsi, la fabrique est une association de paroissiens et de religieux ayant en charge l’administration des fonds et revenus affectés à l’entretien d’une église.  
C’est une association propre à la vie religieuse, bien distincte du « conseil paroissial » réservé aux affaires civiles de l’unité géographique concernée (7).

Un bureau du Conseil est constitué. Marguillier et luminier en font partie.

Le marguillier

Le marguillier a la responsabilité de la fabrique.
Il doit fournir l'ensemble du luminaire en cire et procurer les hosties. Il peut avoir la permission du curé d'officier et d'administrer les sacrements de l'Eglise si celui-ci est absent (et le vicaire).

Il peut choisir et instituer un vice-marguillier, lequel aura la charge de porter clochette et lanterne lorsque l'Eucharistie est portée au malade, et de porter la croix devant les défunts.

Tous deux doivent en principe assister à la messe paroissiale de chaque jour.

Le luminier

Il "favorise le bon exercice du culte en s'occupant du matériel et des lieux ecclésiastiques. Il a pour cela une part des revenus de l'église et parfois ceux de biens donnés en fondation". Mais "parfois ce mot est une autre appellation du marguillier".

Il est aussi le garde du registre public (matricule) où l'on enregistre les pauvres qui demandent l'aumône à la porte des églises. En conséquence, il sait (au moins) signer.

Les impôts versés à l'Eglise

Deux impôts lui sont propres :

La dîme

"C'est la part du produit des terres qui revient à l'Eglise. Quérable, c'est-à-dire prise dans le champ, elle précède donc le champart seigneurial, portable. (Elle) ne correspond que rarement au dixième des fruits (d. à la douzième, à la dix-huitième gerbe...)" (8)

En ce qui concerne l’historique de ce bénéfice :
Il "devint obligatoire au VIIIe siècle par deux capitulaires (779 et 794). Charlemagne en fit une loi civile destinée à compenser les biens dont le clergé avait été spolié par Charles Martel et par Charlemagne lui-même" (9)

Que l'on soit religieux séculiers ou religieux réguliers n'empêchent pas d'avoir des défauts : c'est ainsi que parfois éclataient de longues disputes entre eux sur le sujet de qui devait toucher quoi.


la rémunération des prêtres

la portion congrue

Il s’agit en quelque sorte de la partie fixe et régulière. C'est la "part jugée convenable, en fait insuffisante, qui revient au curé du produit de la dîme ; à la fin de l'Ancien Régime, le bénéficiaire décimateur doit reverser normalement 700 livres" (10)
Je dis "partie régulière", mais comme toujours il est arrivé que le verseur oublie de verser !

Elle porte aussi le nom de 'bénéfice'. C'est la portion d'un bien d'église affectée à un particulier en raison de son poste.
C'est l'usufruit des biens ecclésiastiques perçus par un clerc en raison de l'office spirituel dont il a la charge.

Pour qu'il y ait bénéfice
- le droit de perception ne peut être établi que par le pape ou un évèque, sinon il s'agit d'une donation ou d'un legs pieux ;
- sa durée ne peut être que perpétuelle, c'est-à-dire la vie durant son bénéficiaire

Son but
Etre un honoraire nécessaire à l'entretien des ministres de Dieu et non le prix ou la récompense du service spirituel.
Comme aujourd'hui si je puis dire, leur rémunération a une partie fixe (portion congrue) et une partie variable (droits curiaux).


les droits curiaux

Ils sont essentiellement de deux types  :
- la manse, qui correspond aux terres louées par [pour] la cure
- les droits paroissiaux, qui correspondent aux "contrats" ou "traités" passés avec les paroissiaux et que ceux-ci s'engagent à verser, sachant que les communautés se divisent en pauvres, moyens et riches et qu'en conséquence la somme peut varier.
Exemple :

. prêt de son étable pour abriter du bétail,
. accès à des bancs dans l'église,
. droit à un pâté les jours de fête,
. charruage,
. luminaire,
. somme remise lors d'un mariage
. somme remise lors d'un décès (chefs d'autels /enfants de moins de 14 ans /enfants de moins de 7 ans)

BIBLIOGRAPHIE

le presbytère et la chaumière
VERNUS, Michel - coll. plaisir de l'histoire - éd. Togirix, Rioz, 1986

Etrennes ecclésiastiques à l'usage de la province d'Auvergne pour l'année 1767
chez Pierre Viallanes, Imprimeur-libraire - réf. BNF 8°LC 29.18ter

L'abbaye de la Chaise-Dieu, 8 siècles d'histoire 1043-1790
GAUSSIN, Pierre-Roger - éd. Almanach de Brioude, 1967 - p. 149 à 152

Livre des habitants de Genève
tome 1, 1549-1560, publié avec une introduction et des tables par Paul-F. Geisendorf - Librairie E. Droz, Genève, 1957

 

1 - "Livre des habitants de Genève", tome 1, 1549-1560, publié avec une introduction et des tables par Paul-F. Geisendorf - Librairie E. Droz, Genève, 1957
On en retrouve l'analyse dans la revue A Moi Auvergne (retour au texte)

2 - le mandement sera analysé plus précisément dans le chapitre de l’entité administrative (retour au texte)

3 - in "les cahiers de doléances" Annales du CRDP de Clermont-Fd, coll. Documents Régionaux (retour au texte)

4 - in "Recherches sur les droits paroissiaux en Franche Comté au Moyen-Age" (retour au texte)

5 - les ordres sacrés se composaient des
. ordres majeurs, composés du sous-diaconat, du diaconat, de la prêtrise et de l'épiscopat (évèque). Ils existent toujours, seul le niveau de sous-diaconat a disparu ;
. ordres mineurs, composés des degrés suivants : portier, exorciste, lecteur, acolyte. Seuls ces deux derniers existent encore mais en tant que "ministères"

J'ai trouvé l'information du titre clérical de 8O livres de revenus dans le livre d'Abel Poitrineau p. 610 (retour au texte)

6 - in "vivre au village au moyen-âge" p. 62 (retour au texte)

7 - le conseil syndical sera analysé plus précisément dans le chapitre de l’entité administrative (retour au texte)

8 - in "les cahiers de doléances" Annales du CRDP de Clermont-Fd, coll. Documents Régionaux p. 64 (retour au texte)

9 - in "Les cahiers de doléances" Annales du CRDP de Clermont-Fd, coll. Documents régionaux p. 38 (retour au texte)

10 - in "les cahiers de doléances" Annales du CRDP de Clermont-Fd, coll. Documents Régionaux (retour au texte)


MAJ samedi 27 novembre, 2010

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