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ATELIER 2005

mardi 8 mars 2005

 

Thèmes du jour :

1° Fixer dans un passé récent une histoire inventée ou réelle composée de trois personnages : le narrateur et deux autres personnages.

2° En s'appuyant sur le petit texte suivant, compléter l'histoire à votre façon.
Une fois réalisé vous prendrez le texte de votre voisin pour le lui raccourcir.

Elle était ouvrière. Toujours habillée de noir, elle vivait seule et il fallait l'appeler mademoiselle. elle aimait bien l'enfant et l'enfant l'aimait bien. Souvent, quand il lui rapportait ses commissions, il restait un long moment à bavarder avec elle, et avant qu'il ne parte, elle ne manquait jamais de lui donner une petite pièce.

extrait de l'Inattendu / charles Juliet, P.O.L

 

Ma nièce Virginie était venue passer les vacances de février auprès de nous afin de laisser sa maman se reposer avec le futur petit frère.

La joie du ciel bleu et d'une neige si blanche... c'était promis, s'il faisait beau dimanche nous irions faire de la luge.
Inutile de dire que ce n'était pas tombé dans l'oreille de sourds, notre petite tribu ne risquait pas d'oublier une activité aussi réjouissante.

Nous voici partis, en roue vers l'aventure. Pieds dans les sckis, mon mari s'apprête à saisir la corde de la luge et invite Virginie à s'y installer.
Une dizaine de secondes plus tard, voici la luge et la fillete filant sur la piste de ski alpin que nous n'avions bien sûr nullement l'intention de prendre. Nous voulions juste faire une petite virée sur la piste de ski de fond qui part juste à côté.

Nous voici interloqués et follement inquiets. Les enfants commencent à pleurer.
Pas le temps de dire ouf, je vois mon mari s'élancer à la poursuite de la luge avec ses skis pas du tout adéquats et son manque de pratique.

J'imagine la luge implosant dans la petite batisse des remonte planche et le mari jambes et bras mêlés, brisés, le dos rompu et traversé de par en par par des skieurs tombant à leur tour.
Quant à Virginie, l'annonce de l'accident à ses parents me glacent le sang.

Je ne vous raconte pas mon soulagement lorsqu'un long moment après j'ai vu main dans la main surgir les deux inconscients.

Mon scénario catastrophe se termina autour d'un grand chocolat chaud. Oncle et nièce très fiers de leur exploit respectif !


Elle était ouvrière et travaillait beaucoup. elle faisait un double poste : matin et après-midi. Impossible à ce rythme de prendre le temps de faire les courses. elle n'en pouvait plus lorsqu'elle entrait dans sa chambre de bonne.

Toujours habillée de noir, elle vivait seule et il fallait l'appeler" mademoiselle". Elle avait perdu son fiancé à la guerre de 14. Ils avaient vingt ans. Et toujours elle en portait le deuil, refusant le titre de "madame". Comme une flagellation perpétuelle, le "mademoiselle" respectueux qu'on lui adressait lui rappelait sans cesse son célibat ô combien involontaire.

Elle aimait l'enfant et l'enfant l'aimait bien. C'était l'enfant du premier - l'étage "noble". Tout les séparait : les six étages à grimper pour atteindre ses quatre murs, l'élégance des gtenues de l'enfant en parallèle de ses robes mitées dont le noir usé virait au gris sale.
Leur seul point commun : la culture, celle débutante de l'enfant et la sienne issue de la communale où, tête de classe, elle semait loin derrière elle ses congénères, puis issue du lycée qu'une bourse obtenue grâce à l'aide avisée de son instituteur lui avait permis de clore brillamment avec son bac de philo. C'était là qu'elle avait connu son fiancé.

Un jour qu'elle s'était trouvée mal dans l'escalier, la voisine du premier l'avait aidée et demandé à son fils de lui faire ses courses dans les jours qui suivirent. Le pli était pris.

Souvent, quand il lui rapportait ses commissions, il restait un long moment à bavarder avec elle, et avant qu'il ne parte, elle ne manquait jamais de lui donner une petite pièce. Pour elle, s'était très important : elle s'était très important. Elle n'aurait pas accepté son geste si elle n'avait pu le remercier, même si cette pièce avait plus une valeur symbolique que matérielle.

Certes l'enfant appréciait de pouvoir s'acheter un croissant supplémentaire ou offrir une fleur à sa maman avec, mais pour elle s'était l'initier à la valeur du travail. Et surtout lui montrer combien elle appréciait le geste.
Les commissions rapportées lui évitait le poids à porter, le temps passé dans les magasins. Mais ce contact humain lui permettait surtout de tenir le coup dans sa solitude.

Elle était si seule : l'enfant qu'elle avait attndu était mort-né et l'avait faite rangée dans la zone des jeunes femmes mères célibataires et donc pestiférées (fille-mère, vous pensez !).
Il ne luji restait que son père qui refusait d'habiter avec elle mais dont elle payait la pension à l'hospice privé. Le vieux ne lui avait pas pardonné mais trouvait normal ce luxe qu'elle lui offrait, le considérant comme un juste retour des choses.

Alors cet enfant était son rayon de soleil. elle savait bien que cela n'aurait qu'un temps. Elle voulait en profiter autant que possible.


MAJ mercredi 29 juin, 2005

Merci de passer par le blog...