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PIXIS
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atelier du 3 juin 2005
écriture et mouvement
Il s'agit d'un atelier particulier, hors des cours habituels, qui eut lieu de 19h à 23h30.
Nous étions huit personnes dont deux hommes à partager la même aventure.
La mise en jambes (et en mains si j'ose dire) consista à écrire six verbes dynamiques sur six papiers. Le tout est mélangé et quelques verbes tirés au sort entraîneront de notre part la rédaction d'un petit texte (souvenir, citation, projet ou histoire), ceci en deux minutes.
Mes verbes :
voler, virevolter, plonger, visualiser, ranger, s'effondrer.
Parmi les phrases réalisées, seules deux me satisfont :
plonger |
Surexcité, il sauta du haut du plongeoir.
Il voulait éblouir les copines.
Recommença plusieurs fois en s'efforçant de réaliser des figures de plus en plus complexes.
Le dernier saut fut son dernier souffle : mal calculé, sa tête éclata sur le rebord. |
s'effondrer |
La maison était belle dans son abandon.
Elle semblait appeler au secours : voyez comme j'aurais plaisir à vous héberger.
Lorsqu'enfin un couple qui passait par hasard s'enthousiasma et fit les démarches pour l'acheter, il était trop tard.
Trop tard.
Elle s'était effondrée sur elle-même, épuisée de tant de solitude et d'attente. |
Ensuite, nous passons aux choses sérieuses.
Nous choisissons
le support sur lequel écrire un texte. Nous lui donnons la forme que nous voulons.
J'ai choisi une chemise en papier de couleur orange. Et décidé de lui donner la forme d'un arbre double. Mes phrases formeront les branches des arbres.
Avant d'en voir le résultat, voici le texte :
Se ressourcer auprès de son âme : écrire
Je me ressource avec la sève nourricière de l'écriture
Ma plume aimerait être le vent,
caresser doucement les mots
car alors ma graphie tourmentée ou harmonieuse
traduirait mon état d'âme changeant.
Le plaisir d'écrire n'est pas seulement intellectuel,
Il est aussi physique.
Il passe par la texture du papier.
L'idée devient alors en harmonie avec sa rigueur ou sa douceur.
Elle s'élargit lorsque le papier est grand,
Se fait concise s'il est petit.
Ma plume traduit mes pensées, elle en est l'illustration.
L'architecture de mes idées se fait alors visuelle.
Mon cerveau commande, ma main exécute.
Ma plume aime me surprendre car est-on vraiment maître de ses pensées ?
Et je découvre que je ne savais pas que je pensais ainsi.
Ecrire, c'est se parler à soi-même et aux autres,
C'est formuler ce que parfois on ne veut ni savoir ni entendre.
C'est mettre son âme à nu.
Ecrire : l'opposé d'écrire, c'est lire.
C'est alors l'autre que l'on découvre.
C'est aussi découvrir que d'autres pensent comme soi. |
Je me ressource auprès de l'âme de ma vie
J'aimerais la voir,
l'entendre comme le froufroutement des feuilles remuées par le vent,
lui parler, discuter avec elle.
Elle me stimule, me ressource, me redynamise.
Elle, c'est moi et moi c'est elle.
Nous sommes siamoises, inséparables, aussi fragiles l'une que l'autre.
C'est pourquuoi j'aime écrire,
Ce qui me donne l'illusion de l'apercevoir, d'en découvrir un pan fugace.
Ce qui me donne l'espérance de m'entrevoir au plus profond de moi,
Ce qui me donne la volonté de recommencer encore et encore.
Entre elle et moi, c'est à la vie, à la mort.
Si je la maltraite, elle peut se rebiffer.
Est-elle comme un livre alimenté par l'écriture ?
Est-elle comme un arbre, nourri par la sève ?
Est-elle comme mon sang qui nourrit mon corps ?
Et lorsqu'il n'y a plus de nourriture, mon âme souffre.
C'est peut-être alors cela : la folie |

MAJ
mercredi 29 juin, 2005
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