qui suis-je ?...la petite curieuse

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légendes

 

Corinne nous propose de regarder les textes autobiographiques de Martin VINCLAIR publiés sur Internet et intitulées "légendes".

Puis elle nous fait choisir une carte postale parmi tout un stock.
Il faut lui donner un titre.
Pour ma part j'en choisis une qui représente une calanque vue d'un petit avion avec un cabanon et quelques personnes qui se baignent et je l'intitule "art de vivre".
Chacun doit donner un titre aux cartes choisis par ses compagnons. Ainsi pour la même carte, ils ont mis :

petit coin caché - calanque d'été - falaises sauvages - falaises et bâteaux blancs.

Puis nous retenons trois mots pour définir en quelque sorte la carte retenue.
Les miens sont : calanque, sauvage, caché.

Technique ==>

Afin de nous aider à développer notre texte nous devons à chacun de ces trois mots y associer d'autres mots, les uns qui traitent des sons et les autres du sens. J'ai ainsi réalisé le tableau suivant :

calanque

sauvage

caché

son
sens
son
sens
son
sens
clapotis des vagues
falaise
vent
isolé
silence
invisible
cigale
mer
cris d'animaux
nature
-
aveugle
bruit des plongeons
cabanon
craquement des branches
naturel
-
discret
l'accent du pays
Méditerranée
l'écho
solitaire
-
inconnu
tambourin
Midi
-
sauvageon
-
secret
glaçons dans le verre
vacances
-
abandonné
-
intimité
cris des enfants
maillot de bain
-
champêtre
-
anonyme
-
pastis
-
frustre
-
clandestin
-
hamac
-
simplicité
-
occulte
-
crique
-
rusticité
-
impénétrable
-
anse
-
violence
-
voilé
-
bâteau
-
-
-
inavouable

 

En voici le texte ==>

ART de VIVRE

Chaque été, je rejoignais le cabanon de mon ami.
Césure annuelle, vrai "vacance" au singulier, cette coupure participait à mon équilibre.

Le petit train s'arrêtait quelques instants et la gare de Cassis était le second point fort, le départ de la réalité.

Le premier, le tout premier point du démarrage de cet intermède commençait lorsque nous 'survolions' les calanques en frôlant le précipice : falaises crayeuses, bâteaux blancs, mer bleu ondulante un ciel léger et transparent tout aussi bleu me tendaient alors les bras.

Notre petit coin caché au milieu de ces à-pics sauvages était là à portée de main.

Ainsi filaient les jours d'été remplis d'art de vivre : petit-déjeuner au bord de l'eau, plongées, pastis et bons repas, sieste bien méritée au creux d'une grotte, caresses des vagues, dîner du soir à la bougie où le monde devient ce que l'on souhaite qu'il soit.
Loin de toute sonnerie de téléphone ou de fax, de tonneaux de mails, de raclage de cerveau pour rédiger des textes dans l'urgence, de recherches sur le Net comme une fourmi esclave pour justifier des réponses idiotes à des questions débiles, d'une efficacité permanente, de travaux demandés demain à finir hier, de la foule du métro et de la cohue dans les rues... Comme tout cela me paraissait alors futile et vain, comme si ce n'était pas ma drogue favorite le reste de l'année !

Notre solitude n'était jamais complètement silencieuse : le clapotis des vagues, le vent dans les pins, nos fous rires répercutés par l'écho, nos bavardages, le cri d'une chouette

Un cabanon tout simple sans fioriture inutile, juste l'essentiel mais un essentiel qui bien que rustique n'en avait pas moins été choisi avec goût, devenant ainsi un cadre idyllique.
Quant à l'ami, le frère, l'alter égo, mon autre moi, Montaigne ne disait-il pas : "Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer, qu'en répondant : "parce que c'était lui, parce que c'était moi"". Celui avec qui on peut tout partager, que ce soit joies, chagrins, questionnements, mal être. Nos retrouvailles annuelles faisaient que nos journées étaient toutes remplies de bavardages futiles, de discussions sérieuses, de silences complices.

Que demander de plus ? N'est-ce pas cela l'art de vivre ?

 


MAJ mardi 13 décembre, 2005

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