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mythologie : Midas & Dionysos

 

Corinne nous rappelle le mythe grec de Midas, roi de Phrygie que Dionysos – dieu du vin et de tous les excès – remercie pour lui avoir ramené l'un de ses serviteurs en lui demandant de formuler un vœu. Midas formule alors le souhait de voir se transformer en or aux fauves reflets tout ce qu'il touchera.

… A nous d'imaginer la suite… voici la mienne :

Dionysos sourit discrètement : « Es-tu certain de ta demande ? Réfléchit bien. Peut-être serait-il opportun de la modifier ? »

•  « Non Dionysos, point de tergiversation. Telle est ma décision »

•  « Bien. Puisque tel est ton désir, il en sera ainsi lui répondit Dionysos avec un sourire franchement moqueur. Te voici le seul humain qui pourra jamais transformer ce qu'il touche en or ! »

Ah, l'ami Midas ! Quelle idée avait-il eu là ! Nous n'étions pas surpris de son vœu, lui qui aimait tant faire la fête, claquer l'argent sans berguigner et satisfaire ses caprices quel qu'en soit le prix matériel, physique ou psychologique.

Bien sûr, l'occasion était belle. Mais encore eût-il fallu qu'il évalue quelque peu les conséquences de son souhait.

Heureux et zen, Midas continua à bavarder avec les uns et les autres.

Lorsque le serviteur passa avec un dernier plateau de verres emplis d'ambroisie, il en saisit un… qui se transforma aussitôt en un bloc d'or, contenant et contenu réunis.

Un éclat de rire fit se retourner les groupes voisins. Bon prince, Midas tendit son verre d'or au domestique : « Tiens mon bon, que cela te porte chance ». Car il n'était pas mauvais bougre, l'ami Midas. Dans ses bons jours, il était capable de grande générosité.

« Voici le début de mon aventure » murmura t'il toutefois, assez impressionné de cette réalisation.

Il commença à moins rire lorsqu'il sauta sur son cheval : celui-ci se transformât en belle statue équestre, incapable bien évidemment de transporter Midas jusqu'à son palais. Ce dernier, placide, prévint Dionysos que des ouvriers viendraient récupérer la statue le lendemain et décida sagement de rentrer chez lui à pied.

Au cours de son trajet, il ne médita pas un seul instant sur ces deux premières mésaventures, bien trop content d'être rassuré sur sa situation financière : enfin son intendant ne viendrait plus lui casser les pieds avec ses plaintes sur les coffres royaux vides.

C'est ainsi que le cœur léger il vit ses danseuses lui faire fête à l'entrée de son palais et l'accueillir par de merveilleuses danses du ventre, délicieusement sensuelles. Alors que sa préférée le frôlait, dans un geste de convoitise physique il lui prit la main. La beauté, la fragilité et la gracieuseté de la danseuse étaient comme soulignées par la couleur fauve de l'or. Silence stupéfait de toute l'assemblée. Chacun attendait la réaction du roi devant cette étrange transformation.

Midas, choqué, voulait croire à un fait temporaire. Pour lui, bien évidemment, Dionysos n'avait pu inclure les contacts avec d'autres vivants. Il eut du mal à détacher sa main de celle de la danseuse, comme si cette dernière voulait l'entraîner dans cette malédiction ; mais fort heureusement celle-ci n'avait pas eu le temps de la refermer complètement sur celle de Midas.

Ses plus proches voisins firent un pas en arrière. Ce qui n'échappa pas à Midas. Furieux celui-ci les fustigea « allons ! Mon regard ne vous touche pas physiquement ! ». Et il donna l'ordre d'installer la sculpture de la danseuse dans sa chambre.

Cette fois-ci, l'évènement l'interpella grandement et il résolut d'aller se coucher pour oublier ses émotions… lorsque sa couche se transforma en un lingot d'or dur… comme de l'or. Il comprit alors qu'il n'avait pas fait le bon vœu, ou du moins avait été trop vague dans sa demande. Adieu oreillers confortables !

Et soudain il songeât que boire et manger lui seraient également interdit ! Alors il résolut de se jeter du haut des rochers. Et c'est ainsi que l'amas d'or que l'on voit encore sur la plage commémore le dénouement de l'histoire.


Le vrai (si l'on peut dire) dénouement du mythe :

Midas demande à Dionysos d'arrêter son vœu, ce que ce dernier fait sous réserve que Midas aille se laver les mains dans le fleuve ‘'Pactole''. A partir de là, le fleuve roulât des paillettes d'or. D'où l'expression « toucher le pactole » : bénéficier d'une source de richesse ou de profits.


MAJ mercredi 14 décembre, 2005

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