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Un stylo à la main, l'air concentré, tu écris. Alors même que tu cherches à t'exprimer, tes mots se heurtent, tes phrases s'interrompent, tes pensées se bousculent. Ton coeur palpite et le silence s'installe comme une boule de neige devient bonhomme. Mais lorsqu'au coeur de la nuit ton cahier t'appelle, alors tu es revigoré come au cours d'une bonne saignée. Ta main n'hésite pas, ta pensée coule avec spontanéité comme une source que rien ne peut arrêter. Tu es à la fois acteur de tes écrits et spectateur de ta pensée et de ta main. Et lorsqu'au bout du bout, tu relis tes notes, tu es étranger à toi-même, tu t'étonnes de ces
blessures. Mais comme Prométhée condamné à descendre et remonter perpétuellement sa montagne, chaque
difficulté franchie tu repars dans tes divagations, incapable de t'en passer. Cette alternance est le sel de ta vie, tantôt trop âcre, parfois presque trop sucré à tes yeux. Et ta vie s'écoule dans ce balancement perpétuel tel un équilibriste qui ne pourrait survivre sans son fil d'acier, bleu les jours fastes, rouge les jours gris. |
(texte réalisé lors de l'atelier du 13 juin 2006)
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