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HISTOIRES avec nos SENS

Après avoir jeté des mots en éclaboussures, nous en choisissons quatre ou cinq pour illustrer ces mots avec l'un de nos cinq sens. Et choisir un objet
Ceci soit par des textes courts ou des haïkus.

Puis elle nous propose de réaliser un texte de 10 à 15 lignes, inspiré par l'une de ces deux reproductions :
. l'une est une carte postale représentant une barrière bleue au milieu d'un mur en grosses pierres mal posées (éd. du Désastre, 2000 Jämsen)
. l'autre représente un tableau de Magritte "la réponse imprévue" réalisé en 1933 représentant une porte avec un trou béant.
C'est la première qui m'inspire.

Brigitte nous donne quelques pistes pour les haïkus et textes courts, en citant quelques exemples :

==> de Natsume Soseki (écrivain japonais 1867-1916)

Dans la vapeur du bain, se dressent deux crânes rasés
Dans la salle obscure, saisissant le silence, un grillon chante
Sieste. La main cesse de mouvoir l'éventail
Aujourd'hui, je sais l'automne : ruissellement de la pluie qui n'a pas de fin.

==> de Julie Roselli, dans "Du rouge aux lèvres"

Nénuphar, les chuchotis de l'eau me reviennent
Des flocons de neige splendides tant qu'ils voltigent
Une mouche d'hiver, minuscule zéro sur la pierre

Et elle nous suggère en lecture un livre d'haruki Murakami, "La fin des temps", et celui de Jacques Sternberg, les "contes glacés".

Voici mes textes

textes courts

Le vent fouette la rose amollie.
Ses pétales l'abandonnent.
Violence automnale.

De ces déchets malsains
Surgit un enfant rieur
Hiatus d'espérance.

Partir en retard, il faut remonter le temps.
Tic-tac - Tic-tac... Inflexible est-il.

L'enfant court dans l'herbe
Le soleil le caresse, une brindille l'effleure...
Frisson de plaisir.

Comme dans un nid de fourmis
Dans les couloirs qui s'entrecroisent
Les usagers du métro courent en tous sens.
Pour quoi ? pour qui ?


Frontière incertaine (texte inspiré d'une carte postale)

Perdue au milieu de la lande irlandaise, je marche d'un pas régulier et joyeux.
Le soleil doux illumine le bleu transparent du ciel ; l'herbe drue et d'un vert... irlandais se ponctue régulièrement de taches blanches ou noires et d'une musique de ballade tout aussi irlandaise, mais bêlante.

Intriguée par une ligne fuyante, je m'en approche pour découvrir un mur de lourdes pierres grossières maladroitement posées les unes sur les autres. A la limite on pourrait croire que c'est la force du vent des jours de tempête qui les a mystérieusement rassemblées, expliquant ainsi pourquoi il ne délimite pas un quadrilatère, mais se contente d'une brève droite maladroite.

Et à sa moitié, une originalité particulière, une trace humaine notoire. Un portail de bois d'un bleu intense, solidement bâti, renforcé d'un croisillon et fermé d'une épaisse chaîne.
Je m'interroge : si j'ouvre cette porte, mon âme sera t'elle emprisonnée ? ou au contraire libérée ? Pourrai-je faire machine arrière ? Mais à près tout, de quel côté est l'accès ? Est-ce moi qui suis déjà enfermée ? ou vais-je m'enfermer ?

Bon ! Ouvrons mon sac et mangeons de bon appétit ce sandwich requinquant. Il sera toujours temps ensuite de philosopher !


MAJ lundi 23 novembre, 2009

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