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affiche13e 'semaine de la langue française'

2008, l'année a pour thème "la rencontre"

 

"La Semaine de la langue française est placée, en 2008, sous le signe de la rencontre. Il s'agira de célébrer ce lien social et affectif par excellence qu'est la langue, au moment où il se noue (...) "
est-il expliqué sur le site de la semaine de la langue française et de la francophonie.

Ces mots :

affiche des mots 2008

Apprivoiser,
boussole,
jubilatoire,
palabre,
passerelle,
rhizome,
s'attabler,
tact,
toi,
visage

tous les mots en un texte

 

mes textes les réunissant tous :
ultime rencontre / partitions d'amoureux

 

partitions d'amoureux

toi, toi, toi, toi, toi, toi...
Tu me bouscules, m'interpelles, me houspilles.

Toi qui es la boussole de ma vie, l'axe de mes pensées, le rhizome de mes sentiments, tu es ma passerelle vers d'autres mondes, d'autres pensées, d'autres vies.
Toi qui ne cherches jamais à m'apprivoiser, me captiver ou me prouver quoique ce soit.

Moi qui toujours cherche à t'adoucir, t'amadouer, te convaincre...
Toi qui dans ces cas-là attise les palabres d'un air jubilatoire tu sembles toujours t'attabler de bon appétit devant mon visage, un visage tour à tour chaffoins, inquiet, tendu, effarouché, conquis ou tendre.
Mais tu 'dialectiques' pour le plaisir et t'amuses de mes mines.

Finalement ce qui compte pour moi ce ne sont pas tes paroles, c'est ta façon d'être.
Nous sommes comme un orchestre où chacun joue sa partition en faisant semblant de ne pas entendre l'ensemble.
J'aime cette lourde légereté, cette fausse liberté.

Mais au final ce qui est extraordinaire, incompréhensible, c'est ce tact spontané, involontaire, qui est notre fil conducteur, notre garantie, notre assurance-vie contre tout dérapage incontrôlé.

#haut

ultime rencontre

Ton visage est là, dans la glace devant toi. Et comme une autre est placée dans ton dos, il se répercute à l'envi par le jeu de ce face à face.
Comme une passerelle entre rêve et réalité, entre passé et présent.

Toi, tu es là, multiple 1000. Et je souffre multiple 1000.

Dans le feu des discussions, alors que nous sommes tous attablés pour fêter ton retour, le ton jubilatoire de tes récits nous escamote leur dramaturgie.

Je suis là, à t'écouter parler sans vraiment comprendre ce que tu dis. Des bribes de phrases, un oh ! admiratif, un et... interrogatif, un mon Dieu angoissé me parviennent assourdis.

J'entends les mots rizhome, cola, épuisement, mobimba, manjaku (*), et je me souviens de tes longues lettres enthousiastes où tu m'expliquais ton installation en terre africaine. Comme pour me faire regretter de ne t'avoir pas suivi. Ton dispensaire était dans un coin complètement isolé. Passionnant mais éreintant.

Boussole doit être développé à propos de la fois où tu t'es perdu pendant trois jours dans la brousse et où tu es resté trois mois loin de toute civilisation. A cette période là l'inquiétude montait d'un cran à chaque jour passé sans courrier.

Palabre et apprivoiser concernent sans doute tes habitudes de toubib de brousse, cette longue période aux lettres de plus en plus rares et de plus en plus courtes. Je te mangeais du temps et tu me le faisais sentir.

Au milieu de cette musique de mots, pour moi si discordante, de temps en temps tes yeux heurtent les miens dans une rencontre improbable.

Ta lettre de rupture était pleine de tact mais claire. Les mots étaient chirurgicaux. L'ensemble froid comme un constat d'huissier. Le choc fut anesthésiant. Peut-être était-ce ce que tu avais recherché dans une dernière preuve d'ex-tendresse.

En guise d'adieu, je n'ai pas trouvé de mots pour te dire ma peine et pas eu la force de chercher l'expression adéquate qui qualifierait le mieux mon ressenti. Mes ébauches de lettre se sont réfugiées dans la corbeille à papier.

J'espérais qu'oralement j'aurais plus de force, de volonté... mais c'est bien au-delà de mes capacités. Je n'aurais pas dû accepter de participer à cette fête de premier retour parmi nous.

Discrètement, je m'esquive.

VISAGE

Toi, de l'au-delà
Ton visage surgit du néant
M'entraîne vers la mort


Ton visage est là, devant moi.
Je caresse des yeux les boucles dorées de tes cheveux,
Ta barbe naisante, tes lèvres gourmandes.
Tes grands yeux violines me regardent.
Mes bras se tendent...

Et le vide est là.

- 'mobimba' est un mot de la langue lingala, qui signifie "l'entiereté" (tout)
- le manjaku est une langue sénégalo-guinéenne parlée en Guinée-Bissau (source) (retour)



MAJ lundi 11 février, 2009
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