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historiette

Joséphine Gacougnolle (*)

 

L'amie Jacqueline rédigea un jour d'inspiration puisée dans le puits sans fond de son imagination (*) un texte intitulé "Joséphine, escargots et Pieds Nickelés" pour raconter comment elle croisa la route d'une certaine Joséphine Gacougnolle.

Bien sûr, la fin n'a rien à voir avec ce que le début du texte pouvait nous laisser croire et, provocatrice, suggéra au lecteur de prendre sa plume et de raconter la partie manquante...
Inutile de vous dire que Pixis ne pouvait rester de marbre face à une proposition pareille.

Vous trouverez donc ici le texte de départ, celui de Jacqueline, intitulé "Joséphine, escargot et Pieds Nickelés" dans le respect du droit d'auteur (*) et sa suite pixisienne intitulée "Joyce".

 

Joséphine, escargot et Pieds Nickelés

par l'amie Jacqueline

 

Le 10 juin 1999, un jeudi, je participai à un colloque de documentation ; cela se passait à Lyon.

Pendant ce colloque, je m’ennuyais un brin et histoire de tuer le temps (plutôt que l’orateur) je parcourais d’un œil distrait la liste des participants quand je tombai sur son nom. Nom qui déclencha en moi le crépitement de mille neurones (bon, éventuellement un peu moins, mais ce fut un flash, assurément).

Joséphine Gacougnolle !

On pense de suite et en vrac au Croquignol des Pieds Nickelés, aux cagouilles qu’on mange en Gironde, à la gnôle, à la fine de José qui aimait le champagne, au « faï caga » d’un Niçois…

Ce nom, pittoresque et qui sent bon son terroir, a une majesté balzacienne, un quelque chose qui en impose. C’est un nom d’héroïne !

Je voulus sur le champ connaître la personne qui le portait et m’imaginai derechef une beauté insolite, rien qui ne puisse laisser indifférent.
Cela occupa mon imagination un bon moment car je passai le reste de l’intervention à essayer de mettre un visage sur ce nom et à dévisager sournoisement mes co--colloquants. Pour finir, je dus mener ma petite enquête durant la pause et user de stratagèmes inavouables pour identifier ma cible sans dévoiler mes réels motifs.

Je la trouvai donc.
Gloup.

Ma foi, rien de la beauté attendue.
Rien de rien.
Elle était franchement moche et même beaucoup plus laide que la moyenne des moches.

Ah !

Mais…
D’une laideur qui, au final, me convint bien car cela faisait, avec le nom, un ensemble intéressant, un tout cohérent, un ciment à prise rapide, une pâte à choux bien prise, une mayonnaise ferme et appétissante.

Bref ! Çà collait.

Qu’une femme si remarquable de laideur puisse de surcroît porter un nom aussi extraordinaire, voilà bien de quoi s’extasier, crier au miracle. Ce que je fis derechef, in petto et dans mon fort intérieur.

Je la tenais, je l’avais : Joséphine Gacougnolle, mon héroïne.

De ce moment, mon imagination alla bon train, un vrai TGV, plus rapide au demeurant que celui qui me ramena à Paris le soir même. L’esprit, qu’on se le dise, devancera toujours la technique, na !

Et vive les colloques, à celui-ci je n’avais pas perdu mon temps, que non pas !

Dès le lendemain, habitée par mon héroïne, j’en parlai à deux de mes amies, accoutumées de mes extravagances et autres coups de cœur. Cela fit un sujet de conversation, que je pris fort au sérieux, comme il convient de le faire. Elles, je ne sais…

Plusieurs jours se passèrent en compagnie de Joséphine et du doux vertige de l’intention de création. Par chance, j’eus aussi la bonne idée de noter son nom dans le petit agenda de poche où se côtoient les pensées fugaces, les rendez-vous, les adresses, la météo, les fluctuations de poids et de fortune et tous ces petits riens qui font le quotidien et une vie aussi ; petit agenda qui ne me quitte que bien rarement et que je range en fin d’année sur une étagère de la maison.


Et le temps passa qui emportait inexorablement les heures, les jours, les coups de cœur, les grands projets et les petites exaltations ; ce Temps qui fait tourner les pages des petits agendas nichés au fond de mon sac à main et qui les envoit s’échouer sur l’étagère en compagnie des compagnons désuets des années envolées.

J’oubliai Joséphine. Totalement, absolument. Son nom, son prénom et jusqu’à son existence.

Un être fulgurant qui avait traversé ma vie avec fracas et n’avait laissé aucune trace, ou presque. Est-ce possible ? Mais oui, ou presque.

Oui, presque car en mars 2005, brutalement me revint en force le désir d’écrire des nouvelles et au cœur de ce désir surgit le souvenir de cette héroïne, qui s’appelait ? Qui s’appelait ?

Imitant Bourvil, j’aurai pu chanter « non, je ne me souviens plus du nom du petit bal perdu, ce dont je me souviens c’est de ces amoureux qui ne regardaient rien autour d’eux », à ceci près que j’aurais dit « non, je ne me souviens pas de cette héroïne perdue, ce dont je me souviens c’est de son nom qui ne ressemblait à nul autre, de son nom qui ouvrait toutes les fenêtres de l’imaginaire, de ce nom qui donnait des ailes, qui donnait envie d’écrire ». Mais voilà, son nom je ne m’en souvenais pas non plus et plus je le poursuivais plus il m’échappait, cela devenait une torture.

Après deux semaines de vaines triturations neuronales, j’eus une certitude et un espoir : la certitude que ce nom était perdu dans les méandres de mon cerveau et l’espoir de le retrouver en feuilletant mes agendas passés.

Je m’attelai à ce feuilletage un mercredi, en commençant par le 1996. Parvenue au 1998, j’avais quasiment perdu tout espoir de retrouver mon héroïne mais par contre cette plongée dans le passé avait réveillé mille souvenirs bien enfouis et mon esprit courait mille pistes, ouvrant sur mille échappées. C’était faramineux, gigantesque, ce gouffre de souvenirs, de sensations, de petits moments, de rappels sous mes yeux. Ma petite vie, un peu toujours la même et subtilement différente à chaque page. Hypnotisée, je tournais les pages sans plus voir grand’chose.

Ce fut donc un bien grand hasard, au moins aussi grand que le premier qui m’avait fait découvrir son nom, qui me permit de le retrouver, écrit dans les notes en bas à droite :

Joséphine Gacougnolle

Je le reconnus dans le sens où je sus tout de suite que c’était bien le nom que je cherchais.

Mais je n’eus pas l’éclair, le flash, le gnac qui pince le cœur, le truc qui ressemble à un claquement de doigt, le « bon sang mais c’est bien sûr » cher au commissaire Bourrel.

Je retrouvai le nom de mon héroïne mais pas l’illumination qui l’avait un temps accompagné.

J’étais soulagée d’avoir mis fin à cette quête qui devenait obsédante mais je ne ressentais pas de joie particulière. Comme quand on apprend une réussite à un examen et qu’on se sent soulagé plus qu’heureux. Et même je me sentais un peu vide, vide de mon rêve, de mon projet d’écrire son histoire.

Au fond, l’histoire de Joséphine se réduisait à l’histoire de la recherche de son nom perdu.

Je passai en quelques secondes du roman de 487 pages au texte de 951 mots !

Tout redevenait petit, étriqué. Finies les envolées romantiques, Joséphine Gacougnolle allait finir sa vie avec le dernier mot de ce texte.

Tant d’éléphantesque agitation cérébrale pour accoucher d’une souris d’à peine mille mots ! C’était une plaisanterie et c’est ainsi, cher lecteur, que tu ne sauras jamais la vie de Joséphine.
Mais tu peux l’inventer, toi aussi et mieux : me la dire…
Ne vit-on pas à l’ère de l’interactivité ?

 

Joyce

La petite Joséphine était la reine de sa famille. elle en était le coeur palpitant. Fine, intelligente, pétillante et vive, elle avait vécu ses premières années heureuse, entourée de ses grands-parents paternels, de ses parents et de ses dix grands frères dont même ceux qui étaient mariés vivaient encore là avec leurs jeunes épouses. Le plus jeune avait sept ans de plus qu'elle.
Bref, une petite dernière entourée, protégée mais jamais trop gâtée.

Dans l'immense domaine perdu au fond de la Dombes (*), chacun avait sa tâche dévolue, et le travail n'y manquait pas. Rares étaient les visiteurs, mais ceux-là montraient respect et amitié.
En effet, son grand-père avait eu des fonctions importantes dans un des gouvernements de l'époque de sa jeunesse ; un de ces postes discrets mais qui font de la personne qui le détient une éminence grise indispensable, incontournable et fiable. Et certains venaient encore, parfois, lui demander conseil.
Son père était également très respecté dans la région pour la qualité de sa gestion, son savoir-faire en matière d'agriculture et son dévouement pour ses confrères dans le cadre du syndicat auquel il avait adhéré depuis longtemps.
Ces visites et les rares achats nécessitant de quitter le domaine étaient les rares contacts avec le monde extérieur. La vie était au Domaine, elle y était travailleuse certes, mais aussi agréable et joyeuse.

Ce monde extérieur ne manquait pas à Joséphine. Elle n'en avait pas d'appréhension particulière, mais pas d'attente spécifique non plus, ni d'imagination délirante sur ce qui s'y passait.

A l'âge de dix ans, elle dut cependant intégrer le collège. Sa mère et sa belle-soeur Anne avaient jusqu'ici joué le rôle d'enseignantes avec compétence et efficacité, mais il était temps pour elle de se frotter à d'autres réalités.

Enjouée comme elle l'était, elle se fit vite de bonnes amies. Ses professeurs apprécièrent sa vive intelligence et ne tardèrent pas à la citer en exemple.
Ses retours au Domaine pour les vacances étaient pour elle une joie profonde, comme un retour au nid. Mais toujours elle repartait impatiente de retrouver son deuxième pan de vie qui lui apportait tant de choses nouvelles : amitié, connaissances...

Jusqu'à l'année de sa Terminale, on peut dire que sa vie fut particulièrement heureuse et douce dans son déroulement.
Cela commença à se gripper lorsque sa grand-mère qu'elle adorait décéda le jour de son bac blanc. Elle n'avait donc pu la revoir pendant son bref temps de maladie, l'entourer de ses bras, embrasser la soie de ses joues, la taquiner pour la faire rire, lui lire un livre à voix haute, lui apporter sa tisane du soir, emporter son fauteuil roulant sur la terrasse pour lui permettre de respirer son lilas préféré.
Première peine. Première tristesse. Seul un rêve où elle revit sa grand-mère lui permit de retrouver sa sérénité. Elle le prit comme un dernier adieu de celle qu'elle aimait tant.

Elle passa le bac brillamment. Elle fit des projets d'avenir : une carrière politique la tentait bien et pour cela voulait s'armer du mieux possible. Voie classique par Sciences Po et l'ENA. Mais elle voulait aussi faire du Droit et devenir magistrat.

Une fête de famille fut préparée à son insu. Lorsque le jour J arriva, elle en pleura d'émotion. Elle vit réunis autour d'elle tous les siens, tous ceux qui l'avaient tendrement aimée. Etonnée de constater que les cheveux de ses parents étaient devenus tout blancs. Elle ne les avait pas vu blanchir. Surprise de voir que ses frères aînés prenaient des rides et du ventre. Que ses neveux et nièces devenaient des adolescents et la talonnaient dans leur cursus estudiantin. Pourquoi cette clairvoyance subite et cruelle dans un moment aussi joyeux ? se demandait-elle surprise lorsqu'elle s'isola un moment dans sa petite cabane favorite au milieu du cèdre à l'entrée du Domaine.

Elle se rappelait ses frères en train de la lui construire. Allons, retourne auprès d'eux se dit-elle au lieu d'avoir des idées noires stupides et elle se fit la promesse de venir dormir ici pour clore cette nuit de fête.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Elle retourna près des siens, accueillit ses amis, bavarda, embrassa, raconta, écouta... Les heures passèrent et l'heure d'aller dormir arriva. Comme elle se l'était promis, elle annonça qu'elle allait dormir dans SON cèdre. Tout le monde sourit avec tendresse en pensant : "belle façon de terminer sa jeunesse avant d'entamer sa vie d'adulte".

Elle dormit profondément. Un sommeil sans rêve, sans cauchemar. Aussi lourd que non mémorable. Un trou, quoi. Comme une absence profonde.
Mais des claquements finirent par atteindre son subconscient. Une caresse chaude qui lui rappelait le Sahara où elle était aller l'été d'avant. Chaude, vraiment chaude. Trop chaudes. Des craquements sinistres.
Elle mit quelques instants à réaliser : le feu. Le Domaine est en feu.
Tétanisée, elle était comme inconsciente, incapable de prendre une décision.

Lorsqu'enfin elle voulut descendre de l'arbre, elle était déjà à moitié asphyxiée. Elle rata la marche de l'échelle et tomba lourdement du haut des deux mètres cinquante. Et elle tomba dans les flammes qui commençaient à lécher le tronc. Assommée, elle était inanimée.

Une voiture de gens pressés qui venaient de Stokholm en direction de Megève passait sur la nationale. Ils avaient fait halte toute la journée près d'un des plus fameux étang de la région pour observer les migrateurs comme la cigogne noire, le balbuzard pêcheur et bien d'autres qui s'arrêtent là avant de repartir vers la Scandinavie.

Dans la nuit éclairée par un gigantesque feu tout proche, un motocycliste faisait des signes désespérés au milieu de la route. Pressés certes, mais humains tout de même, ils ralentirent. L'homme se précipita : "vite, vite, hurla t'il, il y a le feu, je n'ai pas de téléphone, il faut téléphoner aux pompiers. Je suis en panne". Aussitôt, on lui passa un portable pour qu'il puisse faire le nécessaire et dans un charabia franco-anglo-suédois on lui demanda où le déposer. "S'il vous plait, implora t'il, déposez-moi au Domaine pour les aider". Devant cet appel à l'aide, les hommes d'affaires n'hésitèrent pas et l'emmenèrent à l'entrée du Domaine où les pompiers déjà s'affairaient pour se frayer un chemin jusqu'à la maison.

Les pompiers ayant refusé l'aide des automobilistes et celle de Pierre le motocycliste, ce dernier refusa de remonter dans la voiture, les Suédois lui proposant de le reconduire, il préféra rester sur place. C'était un ouvrier agricole qui venait régulièrement donner un coup de main lorsque le besoin s'en faisait sentir. Il connaissait l'existence de la cabane et machinalement ses yeux se portèrent là.
Bonne initiative pour Joséphine dont il aperçut la masse. Sans hésitation et sans faire appel aux pompiers trop occupés avec la maison, il mit machinalement pour se protéger, instinctivement, son casque de moto qu'il avait gardé à la main, remonta son col de veste et fonça chercher ce qu'il pensait être un corps.

Joséphine lui doit la vie. Mais quelle vie me direz-vous ? Elle avait tout perdu : sa famille, les amis hébergés cette nuit-là, sa maison, sa peau et son visage. Une vie certes, une vie faite de douleurs physiques et morales, une vie de combat pour retrouver visage humain et reprendre ses études après deux ans passés au service des grands brûlés. Fin des projets de vie politique. Fin des projets en matière de magistrature. Elle fit un cursus à l'Ecole nationale des sciences de l'information et des bibliothèques (ENSSIB) à Lyon pour ne pas trop s'éloigner du Domaine (seuls quatre vingt huit kilomètres l'en séparaient) et entrer rapidement dans le monde du travail.

Joséphine devint Joyce, refusant de se faire appeler par un prénom qui était aussi celui de sa mère tant aimée. Elle gardait ainsi l'initiale et la deuxième lettre mais l'intégralité du prénom restait dans sa stricte intimité sauf pour tout ce qui concernait les inscriptions et les papiers officiels.

Elle avait perdu la beauté de son visage, mais à force de refaire faire sa peau, elle n'était plus à faire peur. C'était juste un visage sans spécificité, neutre, vaguement inquiétant sans que l'on sache pourquoi. Et dès qu'on la connaissait, on oubliait cet aspect.

Rarement coléreuse, elle piqua une rogne d'enfer le jour où elle s'aperçut que l'inscription au colloque de documentation faite par un organisme extérieur avait été réalisée avec le prénom de Joséphine. Cet organisme qui l'avait déjà inscrite à un colloque à New York avait utilisé alors pour cela son passeport pour répondre à toutes les questions de l'administration américaine. Il avait repris les informations. Tout simplement. Mais c'était trop tard. En tout cas, à chaque fois qu'elle le put, elle chercha à faire rectifier la chose : "Je m'appelle Joyce, et non pas Joséphine" précisa t'elle à ceux qui l'abordaient.

Quelle ne fut pas sa stupeur lorsqu'elle apprit quelques jours plus tard que quelqu'un au cours du colloque avait posé plein de questions sur son compte. Qu'est-ce que cela veut dire, se demandait-elle ? Pourquoi ne m'avoir pas tout simplement abordée ?

Elle était franchement inquiète. Elle avait eu des contacts houleux, difficiles avec un promoteur qui voulait lui racheter le Domaine. Ce n'était même pas la somme dérisoire proposée qui l'interpellait mais le fait que l'individu refusait de comprendre que pour elle, c'était comme si elle vendait à la fois la vie, le travail et la tombe de chacun des siens. Serait-ce lui qui reviendrait à la charge d'une façon ou d'une autre ? qui recommencerait le harcèlement auquel il s'était déjà livré et que seule la justice avait réussi à faire cesser ? Cette bataille l'avait épuisée. Elle commençait à peine à s'en remettre... "Si seulement je pouvais un jour commencer à vivre le présent. Simplement le présent" se disait-elle.

Elle s'essaya à une enquête, téléphona à ses collègues amis qui avaient participé au dit colloque. L'un était américain, l'autre vénézuélien et trois autres jeunes femmes s'éparpillaient entre le ministère de l'Intérieur, le Conseil d'Etat et la Mairie de Paris.
C'est cette dernière qui lui apporta un début de piste : celle qui la recherchait était une femme, responsable de la bibliothèque d'une grande école parisienne dont elle ne se souvenait plus du nom mais qui ressemblait à Dupont ou Dukantal ou de Jacquelin... elle ne se souvenait plus bien.

"Qu'est-ce que c'est que cette histoire" ? N'arrivant pas à lier le Domaine à une bibliothèque universitaire, elle ne voyait pas du tout le rapport. "Ah moins que ce ne soit tout bonnement et tout simplement pour une question professionnelle ? Bon eh bien si c'est le cas, pas de quoi se faire un mouron d'enfer. Du calme ma vieille. Elle connaît mon nom et mon lieu de travail, elle finira bien par me contacter directement" tentait-elle de se rassurer. Mais rien ne venant, elle finit par se rassurer et au fil du temps oublia apparemment l'incident. Mais cela demeurait toutefois dans les replis de sa mémoire, au cas où...

"ça alors... Maman... vient voir ce que j'ai trouvé sur le Net" hurla Joachim à sa mère qui tranquillement lisait un polar à côté de lui.
La mère de celle-ci, Joséphine Gergois (d'où le choix du prénom Joachim commençant lui aussi par JO) s'appelait de son nom de jeune fille Gacougnolle. Ce nom, Joachim s'en souvenait bien car la première fois qu'il eut l'occasion de l'entendre suffisamment grand cela lui avait fait pensé aux cagouilles de sa grand-mère paternelle, une alerte charentaise.

Joachim a dix ans et est déjà un "pro du Net" comme le surnomme sa mère. "J'te dis qu'on parle de Mamée sur Internet".
Il adorait faire des recherches et interloquer son entourage par ce qu'il apprenait ainsi. Alors il avait déjà interrogé sur son nom, celui de sa mère. Et là il voulait voir tout ce qui sortirait en tapant le nom de sa grand-mère.
"Mais enfin, ne hurle pas comme ça, je ne suis pas sourde. Bon eh bien montre-moi" lui dit-elle.

Lorsqu'elle eut fini de lire, elle éclata de rire. "Mon chéri, je crois que t'as encore des progrès à faire... si tu avais fait attention, tu verrais que c'est une page de site où l'on met des écrits. Il s'agit donc là d'une histoire. Pas de quoi en faire toute une histoire..."

Vexé, Joachim laissa sa place à sa mère et partit rejoindre les copains.
Amusée, elle mit un mail au webmestre pour lui dire que sa mère se nommait elle aussi "Joséphine Gacougnolle" mais que heureusement sa vie n'avait pas été aussi compliquée : femme d'ouvrier, ouvrière elle-même, elle avait élevé sa fille dans la joie et l'envie de la faire progresser.

1. Ce nom de famille est bien réel. Certains de ses porteurs ont des sites internet. Qu'ils nous pardonnent cet emprunt à but littéraire, notre histoire n'ayant bien sûr rien à voir avec une personne et des faits existants.

2. Ceci est dit non pas dans un sens péjoratif, mais admiratif.

3. Dans le plus pur respect du droit d'auteur : merci Jacqueline de m'autoriser à mettre ici ton texte :-)

4. La Dombes se trouve dans le département de l'Ain. Bien sitée entre Rhône-Alpes et Bourgogne, toute proche du Beaujolais, elle est une région au monde un peu mystérieux grâce à ses mille étangs. Grâce à eux elle fait partie des dix grandes régions du monde pour la richesse de son avifaune.


MAJ samedi 9 juillet, 2005

Merci de passer par le blog...