|
|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
![]()
Lorsque le bûcheron pénètre dans la forêt, les arbres se figent, le vent suspend son voyage : chacun craint pour sa vie.
Et lorsque le condamné est désigné, ses congénères lui font la haie et retiennent leur respiration. Le bûcheron hahanne. Au moment de sa chute, l'arbre crie silencieusement. |
Promenade familiale nocturne sous l’oeil rond de la lune. Petite fille confiante au milieu des siens, j’aimais les taches fluorescentes des lucioles éparpillées sur les talus. Elles signalaient le bord du chemin avec application, comme un geste amical d’êtres venus d’un ailleurs incertain. Comme un retour du passé ou un signe d'avenir, sur le muret de la terrasse cette nuit et pour la première fois depuis si longtemps, j’ai eu grand plaisir à voir deux émeraudes qui brillaient de mille feux. |
Dans son landau, l'enfant sourit. A la terrasse du café, les amoureux musardent. Les osieaux piaillent. Sérénité fugace. |
tableau d'Emile Levy (1887) au musée d'Orsay intitulé "la jeune fille en robe rouge sur fond de fleurs" (photo personnelle) |
Elle ressemble aux ados de 2007... Cette jeune fille me fait mal. Aujourd'hui les motifs sont différents : un avenir trop incertain et le poids des conventions est remplacé par trop de liberté qu'on ne sait comment maîtriser. Les pourquoi changent... mais le mal-être demeure. |
La rue grouille de monde Chez soi ? oui, chez lui, S'il pèse, on cherche à le fuir : Chacun fait la même chose, ...la rue grouille de monde |
un tableau qui cherche des souvenirs (20 mars. 2010)
Le tableau qui m'a inspiré a pour peintre Sylvie Touzéry
Il a pour titre "Javanaise" - vous pouvez le voir sur son site.
A toi mon vieil ami, mon frère |
Les arbres s'inclinent et abandonnent leurs larmes d'or. Le vent déroule alors un tapis mouvant qui bruisse sous mes pas. Là-bas, les croix du cimetière me font signe. |
Entends-tu les nuages glisser ? Vois-tu le chant de la cloche qui sonne l'Angélus ? Sens-tu l'eau glouglouter ? Perçois-tu la griffe du chat dans le pelage de la souris ? |
Du fond de moi monte l'angoisse... Un vide envahissant, Une paralysie qui fige. la sensation d'un danger sans visage, D'une attente sans fin. Une seule envie, disparaître Et soudain, un ressort vous redresse. |
Alors que le fer à repasser glisse tranquillement sur la blancheur des draps,
la musique rythmée d'un jazz endiablé me fait esquisser un rock vif pour mieux effacer les plis. |
|
J'étais partagée entre aimer ou pas cette expression. Quand on tombe, c'est involontaire. Et c'est généralement malheureux. Quand on est amoureux, c'est involontaire, hors de sa volonté. C'est. Point. L'aspect malheureux me paraît inexistant. J'y vois plutôt un aspect de bonheur, malgré quelques tourments prévisibles. La tristesse ne devient réelle que lorsque l'on "se relève" d'être amoureux ! Bon. Finalement, j'aime bien "tomber amoureux". |
|
Il est 15 heures, un vendredi exceptionnel. Exceptionnel ? oui, pas de départ en vacances, pas de grève, pas d'alerte à la bombe et en plus je suis vraiment en avance. Mais pour être en avance, je suis en retard sur l'heure du déjeuner. Alors direction les sandwicheries. A la première, personne... bizarre, bizarre... je regarde... ah oui, d'accord ! plus moches, pas possible . Pauvres sandwichs. Et pas de serveur en vue. Mon tour arrive et je glisse dans petit sac de dernière minute (celui qui permet de rajouter à l'ultime moment tout ce que j'ai oublié de mettre dans la valise ou qui n'y tient plus) le 'jambon-beurre' alléchant et je me dirige d'un pas sûr vers le relais presse. C'est toujours un plaisir d'observer ce lieu ! Il y a ceux qui s'installent dans un coin pour s'assurer que le livre qu'ils ont choisi leur conviendra, ceux qui feuillettent les journaux d'un air désespéré, genre "rien d'intéressant". |
|
Ciel bleu ? non, champ opératoire. Tremblante de froid sur cette table d'opération inconfortable, un grand drap de ces tissus papiers ultra légers isole ma tête de ce qui se passe et fait écran de la partie en cours de trituration. Interdite de vision ! C'est à la fois rassurant et inquiétant. Un moment qui me paraît une éternité à ruminer des choses tristes. Puis finalement un "bon, je vous recouds, madame" me sort de mes pensées grises. |
|
Avez-vous jamais remarqué ?
En regardant un film j'observe que presque toujours lorsque l'acteur entre dans l'ascenseur, il lève les yeux avant d'appuyer sur les boutons., ou juste après. Sensibilisée, je m'aperçois que ce doit être un 'truc' d'ascenseur. Ce geste machinal, je le fais très souvent. Et vous ? |
|
Entrer dans un hôpital, c'est entrer dans une autre dimension. Ce n'est plus le monde des vivants, par encore celui des morts, juste un espèce de no man's land où le temps n'a plus de sens. Vous êtes le code barre 850481782-8 et point barre. Heureusement le sourire lumineux d'un brancardier, un mot d'encouragement de l'infirmière humanise les lieux. |
Plongée dans la lecture aride de la jurisprudence, je rédige, barre, rajoute, commente dans le calme de mon bureau.
Sirène stridente de l'alerte à évacuation, le stylo sursaute et le coeur s'emballe. |
Tandis que les enfants s'ébattent joyeusement
dans la pièce d'à côté, elle pense à sa
mère si seule, si isolée sur son lointain lit d'hôpital.
Alors qu'ils jaillissent dans la cuisine en se disputant le passage de la porte et l'informent d'un sonore "Maman, on a faim", elle songe à elle qui se nourrit par sonde. Le silence s'installe autour de la table tandis que les machoires
s'activent. Quel doux réconfort : tant de pensées tendres ne peuvent qu'atteindre et réchauffer le coeur de la malade. |
Un petit déjeuner au soleil, sur la terrasse. De là les prés valonnés sont remplis de narcisses et Les vaches rousses font tinter leurs cloches comtoises. Allongée sur ma chaise longue, L'odeur des narcisses se mêle alors étrangement à celle des transports parisiens. |
Je monte les marches rapidement. La lourde porte est difficile à pousser tant elle est immense et lourde. Je me retourne, un vieil harki triste me suit à deux marche de distance. Je lui tiens la porte et lui souris. Je m'en souviens encore. |
Aboiement lointain des chiens, Avions qui passent au creux des nuages, Même au fond du vallon, le bruissement de la vie nous rattrape. |
Dans son landau, l'enfant sourit.
A la terrasse du café, les amoureux musardent. Les oiseaux piaillent. Sérénité fugace. |
La rue grouille de monde
Le monde circule mal : chacun se heurte à l'autre. Des heurts naissent les étincelles. Les étincelles provoquent la fuite. La fuite fait que chacun va chez soi. Chez soi ? oui, chez lui, S'il pèse, on cherche à le fuir : chacun fait la même chose, La rue grouille de monde |
To@ & mo@
(cliquez sur la photo, vous verrez l'un des écrans) |
une chambre de rêve(1e mars 2008)
Cette bulle me rappelle l'atelier où j'ai raconté mes lieux d'endormissement
Placée comme un nid d'aigle en haut d'un grand immeuble parisien, une pièce toute ronde en murs de verre, voici ma chambre de rêve. Un grand lit à roulette me permettrait de choisir sa position en fonction de la luminosité ou de mes envies de paysage ou du choix du meilleur nuage. Une pièce toute de blanc vêtue, une moquette très épaisse, une chaleureuse
fourrure comme dessus de lit. Deux ou trois chevalets porteurs de tableaux colorés. Pardon ? Que dites-vous ? idiot ? Un rêve n'est jamais idiot ! il est une utopie qui aide à supporter la grisaille de la réalité. |
Dans une chambre aux vieux meubles patinés, allongée sur les draps
aux belles dentelles, le soleil illumine la fenêtre et inonde la chambre si douillette. Comme une enfant redevenue, ma main capte les rayons de lumière. La voix de ma grand-mère me sussure de l'au-delà Allez ma toute belle, la mer s'impatiente de ton absence. Las ! ma grand-mère n'est plus, la maison n'est plus qu'un fantôme et l'été se refuse à nous. Mais comme un rayon de soleil, le haïku de Martine m'a redonné un instant d'autrefois, un fugace moment de bonheur. ... moralité de l'histoire, un écran d'ordinateur peut être objet de transport vers le passé et l'écriture rend le passé présent. |
Notre vie est comme un saladier où nos actions se mêlent et s'entremêlent. Tout
ceci petit à petit raye le saladier. C'est au mitant/mi-temps de sa vie que le boomerang de nos actions nous revient. L'on se rend compte alors de toutes leurs imperfections, de leur inefficacité ou de leur mauvaiseté. Quelques unes parfois en atténuent heureusement la grisaille. |
| J'aime à penser que les ondes de nos pensées aident nos morts à trouver leur voie. J'aime à penser que les ondes de nos pensées leurs sont agréables. J'aime à penser que grâce à elles, ils ne peuvent nous oublier tout à fait. J'aime à penser à eux non par nostalgie, mais comme moteur de vie. Juste comme un pied de nez à la mort ! |
| Surgissant de la brume de froidure, Quelques formes grises, Fantômes d'un village Semblent ouvrir la porte D'un ailleurs angoissant |
la vie n'est qu'un... (15 nov. 2006)
La vie n'est qu'un chemin. Il est plus ou moins bien pavé, plus ou moins long. Il mène sûrement quelque part, mais où ? Là est la question latente, existentielle, fondamentale. La naissance n'est qu'un croisement que l'on a pris mais nul ne sait quel est le chemin parcouru pour arriver à ce carrefour. Et ce chemin, comment était-il ? Etait-il plat et facile ? Montait-il en pente rude ou descendait-il doucement ? La mort n'est qu'un départ vers un ailleurs inconnu. Faut-il en avoir peur ? L'attendre impatiemmment ? Faut-il la provoquer ? la devancer ? La mort pour nous n'est qu'un point d'interrogation. L'imaginer avec nos cerveaux humains, est-ce bien raisonnable ? Mais la vie sans la mort, est-ce envisageable ? Ainsi, comme l'a si bien dit Simone Weil (2), nous sommes en transit sur cette terre.
A nous d'être des passagers attentifs, appréciateurs, aimants et captivés.
A nous la responsabilité de garder intact ce capital fantastique qu'est la terre. A nous de profiter au
mieux de cette étape d'une vie autrement plus longue, autrement plus riche que cette expérience
terrienne. Le vrai drame c'est de ne pas être assez conscient que cela n'est qu'un passage. (3) |
ressourcement dans un jardin des villes (oct. 2006)
Des bancs ensoleillés. Bruissement lointain de la circulation et de la ville qui semblent 'en décalé'. Dans les allées "fréquentées" un va et vient incessant de ceux qui "coupent" par le jardin... les pressés,
les flâneurs, les conquérants, les fatigués. Les arbres s'étirent et étendent leurs branches. La vie est là, elle sourde, elle me frôle. Courage, bientôt elle m'absorbera à nouveau. Mais différemment. |
Tu es le relais du passé au futur, |
L'oiseau chante,
L'air est translucide L'esprit est léger. L'oiseau se tait, |
Le bruissement du vent dans les sapins est une symphonie de vagues vertes.
Le ciel s'obscurcit, D'un coup la fraîcheur s'installe. Zig-zag dans le ciel sur fond de ciel gris. Le silence s'intensifie. Bruit apocalyptique, le tonnerre gronde. L'orage est là. |
Allongée sur le filet du catamaran, je déguste tout à la
fois le clapotis des vagues, la caresse du soleil, la suspension entre mer & ciel, une présence amicale.
Enfin, les noeuds du stress se dénouent, les pensées au troisième degré régressent de deux crans, l'esprit libéré folâtre. Le passé s'estompe, naguère est remisé à plus tard. Ne reste que ce bel instant de détente. Est-ce là la vie d'une sirène : rafraîchir ses écailles dans la douceur de la Méditerrannée, dorer sa peau sous le bleu du ciel et ne penser qu'à l'instant présent ? |
instants de vie catamaranesques (mai 2006)
A la proue du navire - mais peut-on encore parler de proue au singulier ? un s s'impose sur
un catamaran - il fait bon sentir le vent fouetter ses joues.
Le lien filet entre la paire d'ailes nous tend ses bras et doucement bercésn, nous sommes trois à en profiter. L'un photographie les voiles, l'autre bouquine, la troisième rêvasse. Le quatrième, tout heureux et fier comme Artaban, s'entraîne à barrer. Il s'applique car s'il veut qu'on lui rende sa casquette libérée de la croix orange qui raye le mot "skypper", il doit faire ses preuves. Mais au bout d'un moment, nous les femmes, préférons tremper nos pieds dans l'écume
des deux étraves, qui fait douce musique. Allons, la mer n'est plus étale. Elle nous chasse de notre refuge. Elle s'énerve,
détend ses muscles et nous secoue. Le catamaran fuit la côte aride et ses rochers.
Le vent violent nous fait frissonner. Un phare approche, nous passons le cap. La mer se calme, le ciel se fait moins contrarié et la mer plus clémente. |
Au milieu Une clochette me fait signe Plus loin une ombellifère se cache derrière une ronce Le rose criard d'une digitale interpelle le regard Tandis que les douces myrtiles tapissent le sol. |
animation silencieuse (août 2005)
Dans la douce chaleur estivale Le battement des ailes du papillon Les élastiques sauts de la sauterelle Le vol plané de l'oiseau de proie Le cheminement de la coccinelle L'éclos des pétales de la rose sont autant d'animations silencieuses Reservées aux attentifs de la vie |
c'est le printemps (avril 2005)
Débauche de verts tendres des feuilles, Espaces de vert cru des prés. Touches pointillistes de blanc ou de rose. Taches jaunes des jonquilles. Soulignement du marron des retardataires. L'air léger, par un vent guilleret, nous glisse à l'oreille : c'est le printemps ! |
trois chinois, instant suspendu (2004)
Trois chinois en céramique bleue posés
au coin du meuble. Que voici un cadeau qui ravit mon coeur. Et puis, une nuit pour regagner incognito mon lit, j'avance
prudemment dans la nuit. Dans ma tête, je hurle NOOOON
et à l'aveuglette cherche à rattraper celui qui court à la mort. |
| Douceur des chants des oiseaux. Ballet de tracteurs ou de tondeuses, Le ronronnement métallique étouffe parfois leurs trilles. Qui a dit que la campagne est silencieuse ? |
Je souris, Tu souris, Nous sourions. Sourire, douceur de vie. |
L'arbre fleurit, S'épanouit. Sourit. Promesse d'avenir. |
De vieux troncs en jeunes pousses, de jeunets en vieillards, des bébés aux morts, du printemps à l'hiver, la forêt s'offre à nous. |
| Jaune des genêts, des pissenlits et des coucous ; rouge des myrtilles et des airelles ; vert des sapins. Saupoudrage du blanc des pâquerettes. Sur fond d'azur. |
musiciens
je vous aime (2004)
trois textes sur le piano, le violon, la trompette.
1. mystère pianistique Un homme assis, seul, sur l'estrade. |
Une femme debout se détache devant l'orchestre. Bel hommage ! |
Agité comme une marionnette, Tour à tour tempêtant vers le ciel ou suppliant
la terre, l'instrument semble absorber toute la vie du trompettiste. Au dernier souffle, épuisés mais heureux, ils semblent
se remercier l'un l'autre. |
les mains (août 2005) (1)
Vous croyez que vos mains vous obéissent parce qu'elles font les gestes que vous leur demandez ? Que nenni, car elles sont messagères de sensations, d'états d'âme. En effet,
Ainsi, qu'elles soient douces, rugueuses, veinées, tachées, ridées, soignées, négligées ou abandonnées, elles ont une vie propre et trahissent sans vergogne leur maître. |
Quand le cerveau fait des cachotteries comme un moteur a des ratés puis qu'un brouillard dense s'y diffuse lentement, quand peu à peu il reste silencieux et qu'il évolue vers un noir profond ==> c'est la mort à la vie - pire que la mort tout court - qui supprime l'esprit et sauvegarde l'enveloppe. A partir de quel seuil considérer qu'il ne s'agit pas d'une facétie de notre intellect ? Un dérapage programmé qui va du simple au pire : Quel crescendo dans l'oubli ? objets ? faits ? évènements ? personnes ? soi-même ? |
Moi vingt ans, elle quatre vingt. Mais ce qui m'hypnotise ce sont ces piles de livres en équilibre posées n'importe où, envahissant
chaque espace, les murs tapissés d'étagères surchargées. Et quand je repartirai, j'aurai "quelques livres" dans mon sac... histoire de désengorger ses étagères et de remplir les miennes ! Mais ne vous inquiétez pas, je lui aurai apporté quelques spécimens qui réjouiront son coeur en mon absence. |
| Un "costume trois pièces-cravate" sérieux ; Sur le canapé, le petit enfant l'interpelle. Le grand-père à genoux joue au chien et aboie, poursuivant l'enfant. Tous deux rient aux éclats. |
Les années passent. Je me ride. Rien que de naturel et tribu à payer au temps utilisé à mieux faire que de me tartiner de la crème nourricière matin & soir. Je les accepte comme un moindre mal par rapport aux maux douloureux qui pourraient être. Sans remords. Et ce même temps utilisé à des choses moins futiles (?) n'a pas été mieux accordé aux longues poses côté pile, côté face pour noircir et illustrer le temps passé sous le soleil. Ne rien faire d'autre pendant des heures que lever le menton, écarter bras et jambes pour mieux répartir le bronzage, très peu pour moi. Toujours sans remords. Cela me fait penser à ces femmes de tous âges et que vous voyez la peau ratatinée, quelle
horreur ! D'autres, voire les mêmes, mettent des décolletés ou pire encore pour bien montrer leur
bronzage. Se regardent-elles dans une glace ? elles verraient de longs sillons plus ou moins profonds qui les
vieillissent bien au-delà de l'âge qu'elles ont. J'ai vu ainsi sur une plage méditerranéenne la mère, la fille et la petite fille. Elles se ressemblaient étrangement par leur peau noire et abîmée. La traduction des strates de génération n'étant due qu'à une exposition au soleil plus ou moins longue selon l'âge. Ainsi toutes les trois en monokini exhibaient trois corps boucanés qui provoquaient vraiment de la répugnance. Quel gachis de s'abîmer ainsi... De quoi pour elles avoir vraiment des remords. Mais encore faudrait-il
qu'elles soient un tant soit peu lucides. |
Les gens sont comme des serpents. Se méfier doublement : car si je parle de serpents, araignées, poissons ou grenouilles viennent compléter la faune dangereuse. Et se serait trop simple de penser que l'appareil à venin ne se trouve que dans les glandes salivaires : toucher la peau peut suffire à vous tuer ! L'être humain peut être tout aussi venimeux. Vous connaissez l'expression "crache ton venin" ? Il peut être prudent en effet de chercher à faire cracher leur venin à tous ces prédateurs à deux pattes mais à condition de bien s'y prendre et de s'immuniser préalablement... quoique... l'immunisation est-elle certaine ? |
![]() |
Tandis que l'oiseau de proie surveille son monde depuis tout là-haut, j'écris nonchalamment allongée dans ma chaise longue. Détournant mon attention une bande de fourmis prend mon bras pour un tobogan. Le temps d'une pichenaude, une araignée sympa aux longues pattes - arrivée d'on ne sait où - est venue surveiller depuis la ligne du dessus les lettres que mon crayon a dessiné. A la lisière du bois les mésanges s'en donnent à coeur joie pour un concert éblouissant, mais à leur grand dam le boulanger annonce son arrivée à grands coups de klakon. Imperturbables des papillons ivres vont et viennent au-dessus du gazon qui ondule. Mes yeux louchent, mais apprécient la danse. Et tandis que les grillons prennent la relève des mésanges
effarouchées, ma voisine surgit à l'angle de la terrasse, sourire aux lèvres. |
Il y avait dans la maison un lieu de prédilection pour confidences. C'était dans la cuisine un espace réservé entre le placard, le mur et la plaque électrique. Un "U" où seul le fameux siège avait sa place. Un centimètre de moins et adieu aux bavardages. Ce tabouret était pourtant source de complication : pour ouvrir les tiroirs, il fallait le déplacer. Mais pas question de l'enlever. C'était notre coin. Celui où un contact particulier s'établissait entre nous, celui où l'on pouvait raconter tout ce que l'on voulait en se sachant écouté. Il est des lieux magiques où - alors que rien n'a été calculé - il passe un courant particulier qui permet d'échanger, de discuter, de murmurer. Un instant de tendresse au milieu de vies trépidantes. Un moment
vrai. |
Je m'endors tranquillement. J'arrive demain. Qu'est-ce que c'est que ce rêve débile ? Coup de sonnette. Intriguée, j'ouvre la porte... et me trouve nez à nez
avec un fantôme porteur de fleurs. |
Place de la Gare, Regards égarés. Gare aux épinards, Egards ringards. |
Place de la Gare, Gare aux égards. Regards ringards, Epinards égarés. |
Soldes avec un "O", mais quel O ?
| comment ne pas aimer les soldes ? | s ldes |
| soldes pour enfants | (ballon à venir) |
| soldes ensoleillées | (soleil à venir) |
| soldes vacanciers | (parasol à venir) |
| soldes chaudes | (glace à venir) |
| soldes américaines | s$ldes |
soldes européennes |
s€ldes |
| soldes informatiques | s@ldes |
| soldes finales | s.ldes |
| soldes hésitantes | s?ldes |
| soldes danoises | sØldes |
| soldes couvertes | (chapeau à venir) |
| soldes fleuries | (bouquet à venir) |
| soldes dérision | (poubelle à venir) |
| soldes smileys | s;-)ldes |
La lézarde regarde son compère le lézard tandis qu'ils lézardent sur la lézarde du mur.
Un jour, une paire de mocassins. Au fil du temps, tu te préparais, Puis vint le jour J. Et te voilà, surgissant au salon, prêt à partir. Premier coup de vieux. |
Avoir seize ans. Un vélo. Et filer comme une flèche le long des dix kilomètres de descente. Mordre dans la vie. |
Dans un internat cadurcien, cinquante élèves en blouse rose entrent en "étude". Aussitôt la pionne rousse s'agite : "Mesdemoiselles, taisez-vous" dit-elle de sa voix
de stentor au fort accent d'Oc. Agacées. Exaspérées... Bon, d'accord, cela m'a valu une retenue... mais au moins nous y avons gagné la paix. |
Et que je te fais le joli coeur. Et sans sourire, sans gêne, elle lui dit "désolée, une urgence". |
Dans le hall animé de la gare, les gens s'agitent. Plus loin, sur les bans style noyaux de pèche, des gens patients attendent... leur train ? un ami lointain ?
juste respirer l'air de la gare ? Une maman, la poussette, l'aîné qui trottine à côté, un lourd sac à la
main, un autre à l'équilibre instable au-dessus de la tête du bébé slaloment pour éviter
gens et paquets. Personne ne semble la voir. Le monde entier semble s'être donné rendez-vous : une étiquette du Sri-Lanka sur une valise,
une martiniquaise dans sa jolie tenue colorée, un couple d'asiatiques à l'air stoïque, deux
noires dans leurs boubous rient aux éclats, une musulmane au voile sombre se cache derrière son
niqab. |
Plantés comme des brindilles desséchées, les arbres nus laissent voir nids de corbeaux et boules de Gui. Un ciel gris et bas n'arrive pas à ternir le vert flambant neuf des prairies. Les mottes de terres semblent plus mousseuses, comme soulevées
par une vie qui sourde, impatiente de voir le jour. Et soudain une féerie de branches nues couvertes de fleurs légères posées comme des papillons s'agitent doucement. Comme pour faire une blague la blancheur rosée de leurs pétales ressemblent à de la neige. |
bas et lourd, dirait Baudelaire
Bas et lourd, un ciel où zigzaguent les éclairs. Ah l'horreur de ces vêtements trempés, lourds d'humidité glacée ! Et ces chaussures qui font floc floc à chaque pas ! ... que la maison semble lointaine ! Ouf ! quel régal : douche bien chaude, douceur de l'éponge épaisse, bonne odeur de l'eau de toilette de ma grand-mère. Alanguis sur le canapé, nous savourons notre thé à l'orange
brûlant, fascinés par la mouvance des flammes et le crépitement du bois. |
Dans ma chambre d'étudiante, plongée dans
mes bouquins, le vacarme des enfants qui jouent dans la cour de l'école renforce le calme de mon antre. |
La maison est calme. Un long silence. Un cri et un boum au plafond me font bondir de mon fauteuil. |
Ciel bleu, soleil éblouissant, |
Sur la scène, les danseurs s'éclatent. |
Allongée sur la mousse dans le
bois, le vent léger fait bruisser les branches. Un coucou me fait coucou et insiste, puisque je ne lui réponds pas. Calme parfait. |
Reflet d'un visage. |
indifférence au monde (11 juin 2004)
| Cahin caha les pigeons trottinent indifférents au monde, les enfants trottinent indifférents au monde, les aïeuls trottinent indifférents au monde ; chacun dans son monde. Et le monde, lui ? Il oscille et attermoie entre ces mondes Et ne s'intéresse qu'à son propre monde |
![]()
(1) Tout est parti d'une très belle phrase extraite d'une chanson de Charles Trénet : "mes mains dessinent dans le soir la forme d'un espoir qui ressemble à ton corps (...)" que je fredonne souvent. (retour)
(2) "Ce monde est une porte fermée. C'est une barrière et en même temps, c'est le passage" (extrait de "Cahiers" (source : citation faite par Hélie de Saint-Marc dans son livre Mémoires, les champs de braise) (retour)
(3) Que peut être ce monde inconnu ? une tentative de réponse en reprenant et modifiant ma phrase faite pour les Francophonies 2006 :
Faire escale outre ciel, cela veut dire savoir tresser des
années-lumière,
transformer en symboles et accents une langue d'extraterrestres, étancher la soif mercurienne
des martiens,
badiner joyeusement avec des masques robots flamboyants, et
voir dans ce monde bizarre nos vies devenir comme un kaléidoscope géant.
|
... à propos
du site ... |