qui suis-je ?...la petite curieuse

Sommaire du site PIXIS

-

tas de vieux os
(généalogie)

l'établi du scribe
(jeux de mots)


Ollières
(village du Livradois,
en Auvergne )

regards pixisiens
(le nez en l'air
& coups de coeur)

vent d'ailleurs
(les liens de Pixis)

no comment
(étrangetés)

blog pixisien
(échanges, discussions,
remarques, commentaires)

 

retour au sommaire de l'établi du scribe bulle

le nombril

 

Je suis l'un des lieux les plus modestes qui soient de votre corps, voire même celui que l'on oublie complètement. Vous oubliez que je suis celui par lequel vous vous êtes construit(e)s pendant neuf mois, neuf longs et joyeux mois.

Car je suis l'ultime trace du cordon ombilical qui vous a relié à votre mère alors que vous n'étiez qu'un(e) vulgaire squatter. Je vous apportais nourriture et oxygène. Lorsque est arrivé le moment fatidique où l'on a coupé votre cordon ombilical, que l'on vous a définitivement séparé(e) de votre mère, ce moment où vous êtes devenu(e) définitivement une personne en tant que telle, un "individu" à part entière, de cet instant vous n'avez gardé aucune trace mémoriale et pourtant mémorable.

A part les quelques jours qui suivent la naissance où les mamans attentives vérifient la bonne cicatrisation, plus personne - pas même vous, ingrat(e) que vous êtes - ne pensez à moi particulièrement.  

Que je sois en forme renversée de jolie coquille d'escargot, que je sois un trou grossier, une fine fente où une légère excroissance, nul(le) ne me prête attention. Personne pour me féliciter d'être si mignon. Alors que votre chéri(e) vous félicitera pour votre pied égyptien, vos joues rebondies ou vos lèvres fines.  

Même lors de vos toilettes, vous ne m'accordez ni crème parfumée particulière, ni caresses douces avec votre crème de corps. Aucun soin particulier hormis un coton tige parfois pour les plus perfectionnistes. Ce n'est qu'au détour d'une opération fortuite dans la zone médiane de votre corps qu'un infirmier me badigeonne fermement de ce produit rouge qui ressemble si fort à de l'éosine. vous savez ce liquide rouge orangé pour soigner les petites fesses fragiles des bébés.    

Comme si je n'existais pas. . ou comme si. vous aviez honte de ce lieu fragile qui pénètre en vous.
Pourquoi ? Vous n'avez pas honte de votre propre sexe, lieu lui aussi très personnel que vous prêtez, confiez, offrez à vos amours. Vous n'hésitez pas à le bichonner, astiquer. Parfois, il vous entraîne dans des écrits ou des analyses complexes.

Pourquoi ne serais-je pas moi aussi source d'inspiration, de réflexion, de bien-être ?   Je suis la trace de votre venue sur terre, ce n'est tout de même pas rien, ne trouvez-vous pas ?  


MAJ jeudi 11 mai, 2006

Merci de passer par le blog...