qui suis-je ?...la petite curieuse

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poupées de chiffon, poupées de soie

 

"Suis-je meilleure, suis-je pire ?" disait la chanson de Serge Gainsbourg chantée par Chantal Goya.
Je suis allée voir une petite exposition mais belle et interpellante intitulée les invitées. Elle m'a inspiré quelques textes que voici et pour mieux faire comprendre l'impression forte que j'ai ressentie, j'ai mis quelques explications sur l'exposition elle-même.

Sculptures textiles impressionnantes de par leur échelle humaine, ces femmes aux contorsions subtiles évoquent la féminité et les tempéraments qui s'en dégagent.

tel est le commentaire fait sur la brochure de présentation de l'exposition.


.photo de l'ensemble
si vous cliquez sur la photo vous verrez une autre photo

Et le communiqué de presse précise :

Groupées, en conciliabule ou en retrait, l'une absorbée par la lecture d'une lettre, l'autre s'étirant encore ensommeillée (...) [les personnages de] Jill Gallinéi [sont] un hymne [à la femme], à ses bonheurs, à ses douleurs, à la danse de sa vie.

Voici mes impressions en bulle !
si vous cliquez sur chaque photo vous la verrez agrandie

photo d'un visage
visage d'une poupée
visage d'une poupée
photo d'un visage
visage d'une poupée

Tous ces visages de femmes m'intimident.
Sans yeux, ils me voient.
Bouches closes, ils me parlent.
Leur fragilité humaine m'interpelle.

Ils me crient à la fois critiques, souffrances, encouragements, désapprobation, complicité, moqueries, flatteries, interrogations,
toujours sur fond de confidence et d'amitié.
Je les vois tous ensemble et séparément.

Ces femmes sont elles,
mais ne seraient-elles pas moi ?
Méli-mélo d'impressions, d'étonnements face à cet environnement coloré sur fond noir.

Mouvement statique,
immobilité mouvante,
foule d'individualités,
tout est fondu et fort.

visage d'une poupée
photo d'un visage
photo d'un visage
photo d'un visage
photo d'un visage
photo d'un visage
photo d'un visage
photo d'un visage

Je n'ai bien sûr pas résisté à quelques haïkus
ce qu'est un haïku
(mis aussi sur la page des haïkus "rêveries")

Silence criant.
Mouvement de corps immobiles,
Elles impressionnent.

photo de l'ensemble

Chairs nées de chiffons,
Etrange ballet de femmes
Tout en mouvements

J'ai écrit ces textes avant de lire le dossier de presse.
La créatrice y présente la conception de ces personnages. Elle y dit notamment

Il ne faut surtout pas qu'elles ressemblent aux humains.
Elles ne sont pas leur double, mais leur esprit.

Tissus & broderies

C'est un puzzle impressionnant.
Chaque morceau de tissu est sublimé
par la proximité de l'autre.
La broderie met en valeur
et souligne ces ruptures tout en les unifiant.

Tout est harmonie de couleurs.
L'ensemble est chatoyant sans clinquance.
Chaque détail bourgeonne, éclate,
mérite son existence.
Sans lui, l'ensemble serait différent.

photo d'un tissu

A propos de la broderie, voici ce qu'en dit Jill Galliéni et le commentaire du communiqué de presse

"La broderie m'aide à sculpter encore plus, à maigrir les courbes, les tordre davantage. Ce n'est pas une broderie très jolie ni raffinée mais une broderie de sculpteur qui façonne. L'idée est que les corps soient complètement entourés de fils ; le fil c'est la pensée".
Ces fils courent sur la peau des poupées comme des veines gorgées de sang et de sens, ils racontent les soupirs, les débordements, les cicatrices du corps, le temps qui passe, ils dessinent la géographie de l'être humain qui palpite sous cette peau tissée. Cette écriture en broderie est une écriture de la vie.

image d'une main aux doigts d'or

Combien d'heures de travail pour une telle réussite ?
Concevoir ces êtres étranges est une chose, mais quid de leur réalisation ? Même en regardant de très près tout donne l'impression d'avoir été construit en même temps. (*)
Cette couturière-sculptrice a des merveilles dans sa tête et des doigts d'or pour les concrétiser.

Peut-on encore parler de statues ? de poupées ? Non, ce sont des femmes dans leur instantané fugitif. C'est le mystère de la création, chaque femme est une présence et son âme transparaît. Elles ne bougent pas et pourtant nous les voyons virevolter dans notre tête. Un arrêt image d'une fraction de seconde.
L'esprit aspire a encore plus de statues, encore plus de présences car ce n'est pas un sentiment de foule qui pourrait nous étouffer, mais de présences amies venues pour nous.


Et dans un coin de la salle d'exposition, tout un ensemble de groupes de danseurs en papier de soie simplement froissé.
L'effet ne peut être le même, mais le travail de dextérité pour arriver à ce résultat mérite toutefois chapeau bas. Ce sont des doigts de fée que ces doigts là... et je n'ai pas d'image d'illustration de telles mains smiley en pleur

photo d'un groupe en papier

Comme d'anciennes petites statuettes en porcelaine de Saxe qui représentaient plusieurs personnages.
Taille ici ~30cmx15cm
photo d'un des groupes

Vraiment, sincères félicitations à Jill Galliéni.
Les photos prises l'ont été naturellement sans flash.

dans le communiqué de presse, Jill Galliéni précise

Je dessine dans ma tête une sorte de croquis, très peu élaboré, en me disant je veux comme ça. Ensuite, j'oublie cette esquisse et je commence à tordre du grillage souple, à sculpter une première forme pour trouver l'attitude qui me plaît. Je capitonne le grillage avec de la mousse murale ou avec des couches de textile. Après cette première phase, tout devient très compliqué. J'ai inventé ma propre technique et je procède par tâtonnements parce qu'il faut que cela tienne. (...).


MAJ jeudi 7 septembre, 2006

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