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tout ceux qui vont mourir avant la fin du jour...(*)

 

Tous ceux qui vont mourir avant la fin du jour seront happés dans la machine infernale. (**)

Depuis l'arrivée du chef très tôt ce matin, chaque employé qui franchit le seuil du portail de sécurité est interpellé violement par deux hommes tout de noir vêtus, au regard caché par de grandes lunettes de soleil à la Rayban et à la veste bossue dans le dos. Puis encadré et conduit dans l'antichambre du bureau du big boss.

Si quelqu'un était témoin de la scène, il s'inquiéterait de leur devenir et s'angoisserait de ne voir ressortir personne. Ceci serait conforté par le fait que ce matin les ascenseurs sont en vacances, les couloirs en RTT et les ordinateurs se la coulent douce : nulle vie nulle part. Rien. Silence radio.

Et curieusement au moment où chacun franchit la porte d'entrée avant le sas de sécurité une grande appréhension l'étreint, son coeur se serre comme s'il allait avoir un malaise. Comme si l'immensité nue et anonyme du hall d'entrée crûment éclairé voulait attirer l'attention sur l'absence de toute trace de vie humaine hors ces deux cerbères inconnus au lieu du magma de mouvements et de corps en tous sens habituels en cette partie de matinée ; comme si ce silence et cette solitude saisissaient l'arrivant avant même qu'il en soit conscient et alpagé par les deux olibrius.

Affolé par les vociférations des deux dragons, indigné par le fait d'être non seulement encadré par des gaillards solides ressemblant étrangement à des molosses, mais surtout porté littéralement par deux poignes d'acier jusqu'à l'endroit fatidique, le malheureux entraîné à son corps défendant passe alors en revue :

- l'état économique de l'entreprise,
- la santé mentale du patron,
- la situation politique du pays
- la capacité d'un hôpital psychiatrique à laisser s'échapper ses fous,
- la connerie monumentale qu'il a pu faire la veille ou les jours précédents

Un bref moment d'hilarité devant l'incongruïté de la scène alterne avec un long temps d'angoisse et une période d'incrédulité (voyons, si je me pince je vais bien voir que c'est un cauchemar !)

En fait juste une minute ou deux s'écoulent depuis le moment où il est entraîné de force et celui où il est jeté brutalement par LA porte ouverte à toute volée, suivit d'un "nom d'un chien, faut que je vienne vous chercher par la peau des fesses" méchamment aboyé.

Suit alors un interrogatoire ubuesque du genre :
- quel est votre nom ?
- Tartempion
- non ! quel est votre nom ?
- euh... Tartempion
Au bout de la Xième répétition de la question et d'une réponse tout aussi identique pour laquelle seule l'intonation change et évolue de la surprise à l'affolement, de la certitude à l'incertitude, le regard du questionné devient hagard.
Puis sans que l'on sache pourquoi vient la question suivante "pourquoi êtes-vous ici" ?
Selon les tempéraments c'est alors silence, baffouillage, phrase inaudible, liste des tâches, intitulé de fonction... et l'on repart pour une répétition de la question autant de fois que la volonté du questionneur le souhaite.

Curieusement, si chaque individu est jeté dans l'antichambre à un rythme accéléré, celle-ci n'a jamais foule : on n'y voit qu'une personne à la fois. Où diable passent les gens qui devraient s'y accumuler pendant un interrogatoire ?

==> C'est là la première question fondamentale de cette aventure.

A la fin des questions, l'interrogé est prié de déguerpir "et plus vite que ça" par une autre porte, celle qui donne sur la pièce privée jouxtant le bureau du patron. Là, pas d'autre porte : cul de sac garanti !

==> C'est là la seconde question fondamentale de cette affaire.

Quand 10 heures du matin arrive après que tout le personnel ait été 'capté', les deux hommes de main sortent tranquillement, montent dans un 4x4 noir rutillant mais anonyme et disparaissent.
Là, pas de troisième question fondamentale : on s'en fout ! apparemment, ils ne sont plus concernés par l'entreprise.

Hum... je vois, ami lecteur/amie lectrice, que vous attendez que je vous parle de l'heure de la fin de journée de travail pour en savoir plus. Vous avez raison...

==> car là se pose la troisième question fondamentale : que sont devenus tous ces gens au fil de la journée ?

Et bien ne comptez pas sur moi pour vous apporter une réponse immédiate : à votre tour de prendre la phrase précédente comme inciput et racontez moi donc la suite ! à vos plumes sur le blog... (***)

(*) le premier jet de ce texte a été écrit au cours de l'atelier d'écriture du 10 janvier 2006 dont le but était de nous faire travailler sur un inciput. (retour au texte)

(**) Un incipit peut tout à fait être supprimé une fois le texte écrit, s'il n'apporte rien. Car son but est simplement de déclencher les idées et l'écriture. Ici, je l'ai conservé. (retour au texte)

(***) Si vous ne souhaitez pas que votre histoire reste sur le blog, n'hésitez pas à me le signaler, j'enlèverai aussitôt votre récit.


MAJ samedi 14 janvier, 2006

Merci de passer par le blog...