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Pour des informations plus larges sur la religion, voir ma page religion dans la partie "tas de vieux os"
Au tout début, un ou quelques moines pour défricher les lieux.
"La plupart des prieurés comptaient deux ou trois moines (...) Certains se composaient également d'une église
et d'une seigneurie" (3). Mais un prieuré pouvait être simplement confié à un
laïc. Dans ce cas, le prieuré était alors considéré comme un simple revenu temporel (4)
Le prieur de SAINT GERMAIN l'HERM, dépendant lui-même de l'abbaye de LA CHAISE-DIEU fit donation de terres (5) situées au sud-ouest de St Germain l'Herm, en-dessous de Sainte-Catherine et Peslières. Il serait d'ailleurs intéressant de savoir si Sainte-Catherine et Peslières existaient déjà ou furent crées à la même période et si cela s'est passé dans le même contexte.
Les habitations des colons furent installées à Soulages, à proximité du
nouveau prieuré. Ces colons qui travaillèrent les terres aidèrent sans doute le ou les quelques
moines à bâtir l'église qu'ils dédièrent à SAINT
MARTIN.
Ainsi, la création de l'église de SMO s'est faite dans la mouvance du Monastère de la CHAISE DIEU (11) par
le biais du prieuré de St Germain l'Herm. Ce "fut sans doute le premier sanctuaire chrétien de la
commune" (10)
Ceci explique que le curé de St Martin d'Ollières était nommé par le prieur de St Germain l'Herm en tant que vicaire perpétuel à portion congrue.
De par cette origine, la paroisse devait donc la dîme (6)
- pour moitié au prieur de St Germain l'Herm,
- pour moitié à la Chaise Dieu (7)
En conséquence de quoi, le prieur de St Germain
l'Herm versait 225 livres annuelles comme portion congrue au curé de St Martin d'Ollières qu'il nommait. (8)
Cette nomination était une prérogative, un privilège important (9)
Dans son article "Saint-Vert sous l'ancien régime" paru dans l'Almanach de Brioude (37) Frédéric Challet explique qu'une fois nommé, le curé prend prossession de sa cure lors d'une cérémonie de prise de possession, véritable rite immuable d'appropriation.
Le nouveau curé se présentait en compagnie d'un autre prêtre (chargé de l'installer), d'un notaire et de
plusieurs témoins, devant la porte principale de l'église. Après s'être aspergés d'eau bénite, les deux prêtres se dirigeaient vers le maître-autel, s'agenouillaient, récitaient une prière, baisaient l'autel, puis ouvraient le tabernacle, visitaient le ciboire et saluaient le saint sacrement. Ils allaient ensuite vers les fonts baptismaux ; le nouveau curé ouvrait la cuve baptismale et touchait l'eau avec sa main, puis il la refermait et conservait les clefs. Il faisait sonner les cloches de l'église en tirant sur les cordes, visitait éventuellement le confessionnal, la sacristie et les chapelles latérales. Certains curés montaient en chaire et prononçaient quelques mots pour les fidèles assemblés dans la nef. Une fois le tour de l'église' achevé, les deux prêtres se rendaient au presbytère et visiaient chaque pièce, ouvrant et fermant les volets. Si la cure possédait des dépendances (...), le nouveau curé en prenait aussi possession : il entrait dans chaque bâtiment, se rendait sur chaque parcelle ramassant un peu de terre qu'il lançait devant lui, rompant quelques branches. La cérémonie de prise de possession était un rite d'appropriation. |
L'emplacement de l'église de Saint Martin se trouve au nord-ouest du village de Soulages. dont la création se serait faite dans la mouvance du Monastère de la CHAISE DIEU (11) par le biais du prieuré de St Germain l'Herm et bien avant 1317, puisqu'à cette date le Pape Jean XXII érige en évêché le prieuré clunisien de Saint Flour en lui rattachant 250 paroisses (11)... dont St Martin d'Ollières !
Jusqu'en 1820 cette église subsistât physiquement. Puis se délitat dans les années 1950. Quelques pans de murs étaient encore là pour attester d'une construction.
De quels autres vestiges peut-on parler ? selon la légende locale une ou deux cloches auraient été cachées à la Révolution mais elles ne furent jamais retrouvées.
Toutefois, une trace émouvante demeure. 
C'est une pierre décorative mise en saillie d'un mur à Soulages. Selon les anciens, elle proviendrait de l'ancienne église (12). Bien qu'incongrue à cet emplacement, remercions le maçon qui a ainsi permis sa survivance.
Certains parlent d'une gargouille, ce qui est de mon point de vue tout à fait impossible puisqu'il n'y a pas d'écoulement d'eau prévue. En observant les églises à l'entour, on comprend qu'il ne peut s'agir d'une gargouille, mais plus vraisemblablement d'un élément saillant pour soutenir une panne de charpente, d'asseoir la charge d'une jambe de force ou d'un arc-boutant qui s'appelle le corbeau. Lorsqu'il est sculpté, c'est un modillon.
Comme si la reconstitution de l'histoire des lieux n'était déjà pas assez difficile à appréhender, deux églises, deux cimetières discernés au fil de la lecture des registres paroissiaux et des traditions orales viennent compliquer encore un peu plus les choses.
En 1605, dans le registre paroissial de cette année-là, on peut lire (13) que le curé de l'époque cite bien "l'église de Saint-Martin" dans la paroisse de Saint-Martin-d'Ollières ==>
par devant nous maître Claude Chambon notaire royal au mandement et baronye
de Chasteauneuf du drac vénérable personne messire Jean Malauzat prebtre curé de l'esglize
paroyssial Saint Martin dollière a expressement desclaré avec solhennité en ladite esglize
dudit Saint Martin puys les assizes généraux tenus en la sénéchauzé d'Auvergne
a riom demeurant les babtesmes et sepultures sus escriptes jusques en l'an présent mil six cens et six
de laquelle exprestion et desclaration susdite m'a sommé luy en octroyé instremen et attestation
ce que j'ay faict par ses présentes es presences des (maistre ?) Jacques Baudon "sergent royal
de... soubz signé avec ledit exposan et de... qui n'a scu en signe MALAUZAT CHAMBON BANDON |
A partir de là et pendant 60 ans, cette église va être le coeur de la vie religieuse de la paroisse. Puis le nombre d'habitants hors de Soulages ne cessant d'augmenter, est apparue alors vraisemblablement la nécessité de trouver un lieu plus central et moins éloigné de l'ensemble des villages composant la paroisse. Ce sera chose faite soixante ans plus tard.
C'est ainsi que le dynamisme du curé de l'époque a su convaincre et attirer les bonnes volontés, vaincre aussi sans doute les difficultés, car il faut noter qu'une chapelle, pour pouvoir être fondée, doit être dotée (terres/dîmes/rentes) (14).
Et ce jour du 27 décembre 1664 voit la consécration de cette nouvelle chapelle, dédiée à St Joseph, par une première messe concélébrée par le curé TISSIER et son vicaire le sieur DELMAS. Apparemment aucune autorité religieuse (15) n'avait jugée bon de braver l'hiver pour partager la joie des villageois.
Le texte retrouvé (16), inséré modestement au milieu des actes de baptêmes de l'époque, est le suivant :
Le 27 du mois de décembre et jour de St Jean a été célébrée
la première messe en la chapelle bastie audit (lieu) d'Ollières, par moy Tissier curé deladite
paroisse indiquée assisté du Sr Dumas vicaire construits aux frais en partie de la luminaire et
la ... aux frais dudit Sr Tissier curé qui en a fait la plus grande partie. |
Ainsi commence le déclin de l'église de St Martin, car les "personnalités" de la paroisse ne s'y font plus enterrées, et les inhumations au cimetière de St Martin ne concernent plus que les habitants de Soulages à quelques exceptions près (17). Et à partir de 1761, certains habitants de Soulages commencent même à se faire enterrer à Ollières.
Il faut donc près de 100 ans pour que l'église d'Ollières prenne officiellement le pas sur celle de St Martin. Le déclin s'est fait très lentement.
Ainsi, à la nouvelle chapelle d'Ollières se feront enterrés
1737 |
Victor
RONGIER |
"bourgeois de St Flour" + à 14 ans est inhumé dans la chapelle St Joseph | ce qui signifie des liens étroits avec un personnage important du pays |
1741 |
Jean MIGNE |
marchand de la paroisse de RUYNES Cantal et habitant St Martin d'O. | est lui aussi inhumé dans la "chapelle St Joseph" |
1766 |
François Philibert
de LESPINASSE |
l'un des seigneurs d'Ollières | est enterré dans la "chapelle" St Joseph |
1776 |
Marie DANTIL de LIGONNES |
épouse du précédent | est enterrée dans "l'église d'Ollières" |
En tout cas son emplacement n'est jamais précisé. Et cela va poser un vrai problème que nous allons étudier ci-après.
Il semblerait que suite à la Révolution et à l'Empire, la chapelle/église de 1664 ait été reconstruite. Il n'est pas certain que ce soit sur les restes de la précédente car des anciens, par tradition orale, la situent à la Farge, derrière le haut de la place d'Ollières, sans doute là où des soeurs (les soeurs de Saint Pol qui en fait étaient des soeurs par le sang et non au sens religieux du terme) se seraient installées pour donner un peu d'instruction et soigner dans les années (1830 ?) (18).
1793 / 1816 / 1827 / 1832 / 1835 / 1838, la ronde des dates
Cette troisième église pourrait n'être en fait qu'une reconstruction de l'ancienne, reconstruction effectuée en 1832 (d'après un article du Semeur Hebdo (19)), en 1835 pour d'autres, ou en 1838 si on en croit l'inscription au-dessus du portail. Mais 1832 est aussi proposée comme date de baptème de l'une des trois cloches actuelles, on peut sans doute proposer (à vérifier) que 1835 est le démarrage de la construction et 1838 la date d'inauguration.
La voici ==> cliquez
dessus pour voir la photo en grand
En fait, il serait vraisemblable que ce soit sur les mêmes lieux que la précédente église, car sinon où situer le cimetière d'Ollières de l'Ancien régime ? Mais J. Ph. Morin dans son livre intitulé L'Auvergne chrétienne du premier siècle à 1880 (20) écrit la chose suivante
| St Martin des Ollières, canton de Jumeaux. Eglise romane construite en 1835. L'ancienne fut vendue en 93. Cette paroisse avait et a pour patron St Martin. Le curé était nommé par le chapitre de la Cathédrale. Population 878 habitants. |
Ce qui semble contradictoire, sauf si l'on imagique que ce sont les pierres qui aient été vendues
et pas le terrain. ... Toutefois... la cloche Marguerite est datée de 1816. Installe t'on une nouvelle cloche
dans une église vendue et disparue ? sauf si elle est plus ou moins rebâtie.
Au passage, on constate que ce n'est plus Saint-Germain l'Herm qui nomme le curé.
Hypothèse récapitulative
Lorsqu'en 1994 une souscription a été lancée pour remettre en état
cette église laissée à l'abandon, le texte de présentation du projet précise
que la voûte près du choeur a des infiltrations d'eau et que la partie opposée « doit
dater de la construction vers 1830 » .
Ce qui voudrait dire que tout ce qui est "la partie opposée" au choeur est plus ancienne que l'autre ?
ce qui soutiendrait la thèse d'une reconstruction sur le même emplacement ?
Alors émettons une hypothèse :
==> Aux alentours de 1300, création de l'église Saint-Martin, située à Soulages
==> 1664 création à Ollières d'une chapelle Saint Joseph, complémentaire à l'église
Saint Martin
==> Aux alentours de son centenariat, l'église Saint Martin est plus ou moins abandonnée
==> 1793 la chapelle Saint-Joseph est vendue
==> Aux alentours de 1800 avec le retour autorisé de la pratique d'une religion, création d'une nouvelle église "temporaire" à l'emplacement
de l'actuelle ? l'ancienne chapelle est rendue ? prêtée ?
==> deux cloches sont fondues pour l'église en 1816 et 1832
==> Entre 1830 et 1835 reconstruction de la nouvelle église, celle de 1800 ayant été construite
de façon trop temporaire, trop en mauvais état ?
En tout cas, la date gravée au-dessus du portail indique
la date de 1838 que l'on pourrait alors envisager comme étant la date d'inauguration ?
Il "ne reste plus" qu'à trouver trace d'une vente en 1793 et de retrouver des documents de 1827/1835 concernant la construction.
La paroisse de Saint Martin d'Ollières n'a pas toujours
appartenue au même diocèse.
En 1317, le Pape Jean XXII érigea en évêché le prieuré clunisien de Saint Flour et lui
rattacha 250 paroisses... dont Saint Martin d'Ollières ! (1) (2)
Ceci jusque après la Révolution, où "le Concordat attribua au diocèse de Clermont
deux départements : le Puy-de-Dôme et l'Allier" (1)
Puis en 1822, la création de l'évêché de Moulins fait basculer l'Allier dans ce nouveau diocèse, créé pour ce département.
Dès lors au diocèse de Clermont ne correspond plus que le département du Puy de Dôme.
Aujourd'hui, "le déclin des campagnes et l'urbanisation rapide ont conduit à la division actuelle en 4 zones groupant chacune plusieurs doyennés qui font se rejoindre ensembles pastoraux et paroisses " ; le doyenné du Livradois est inclus dans la 4ème zone. (1)
Chaque 15 août à la sortie de la messe les paroissiens se rendaient en procession jusqu'à la croix qui est sur la place d'Ollières.
Une autre procession avait lieu jusqu'à la croix située à La Garde, à gauche de la route d'Auzon avant le cimetière.
Enfin, lorsque Saint Côme était sorti le jour de la fête du village - le jour de la Saint Côme justement -, une grappe de raisin blanc était fixée à sa main. Les ouailles pouvaient prendre un grain et en échange devaient donner une obole. C'était la "Roumanie".
Tout proches, des pélerinages à Saint-Jean-Saint-Gervais le 15 août ou à Saint-Etienne-sur-Usson, ou à Lamongie pouvaient intéresser des Olliérois.
Après avoir eu une église dédiée à St Martin, puis une autre à St Joseph, c'est dorénavant à St Côme & St Damien (21) que les Olliérois dédient la troisième église de leur histoire.

cliquez dessus pour la voir en grand
En 1900, le cimetière qui le jouxtait est déplacé à la sortie de SMO, sur la route d'Auzon. Ma grand mère me racontait - elle avait alors 11 ans - (22) avoir assisté aux relevés des corps transportés au nouveau cimetière.
Après le concile sous Jean XXIII et les nouvelles règles qui en découlent,
les stèles du choeur en bois et la ferronnerie de la table de communion deviennent inutiles. Elles disparaîtront
corps & biens.
Dans les années 1970, les cloches sont électrisées.
En 1990, révision des cloches et de l'horloge. La belière de la cloche Marguerite est changée.
En 1994, des travaux importants de restauration sont entrepris, le bâtiment étant gangréné par
le mauvais entretien et l'humidité.
Les cloches
Dans le beffroi, trois cloches se partagent l'espace
nom de la cloche |
date d'origine |
précisions |
Jeanne Octaire, cloche n° 1 |
4 novembre 1928 |
900 kg parrain l'abbé Jean Roche marraine Mme Pouget |
Marguerite, cloche n° 2 |
1816 |
~600 kg Jean Setier curé Marguerite Touzet |
Marguerite, cloche n° 3 |
1832 |
cloche de l'Angélus (plus petite) marraine Marguerite parrain Jean Challet |
Dans le livre Clochers de Basse-Auvergne, Marcel et Maryse Pierre indiquent le diamètre des trois cloches, soit : 1816, 995 mm / 1832, 780 mm / 1928 (leur date = 1927), 1170 mm
La date du 4 novembre 1928 n'est pas citée au hasard. J'en avance pour preuve une image religieuse retrouvée dans un missel, que voici recto-verso
Une croix de procession ancienne toujours présente
Parmi les objets religieux, l'un d'entre eux est à noter car il est inscrit à l'inventaire
des Monuments Historiques et enregistré dans la base de données documentaire Palissy de la direction
de l'architecture et du Patrimoine du Ministère de la Culture depuis le 7 avril 1965.
Il s'agit d'une croix de procession datée d'entour XVIe/XVIIe siècle en argent doré et d'une hauteur
de 56 cm.
Le poinçon représente un dauphin surmonté de deux lettres C.I. dans une couronne, précise la
base de données. Reste à savoir si le poinçon est un poinçon de ville ou de charge. Les deux
lettres peuvent correspondre aux initiales du maître qui a réalisé la croix.
En tout cas, voici une belle trace du patrimoine ancien de la paroisse.
La paroisse est sous l'Ancien Régime à la fois unité religieuse et unité administrative ; sauf en Velay où le "mandement" est la cellule de base de l'organisation judiciaire et fiscale. Or, nous sommes tout proche du Velay et nous avons vu qu'en 1605, il est question dans un document de notaire du « mandement » de Chateauneuf du Drac, seigneurie dont dépendait alors la paroisse. (23)
Le curé a la responsabilité de sa paroisse.
Il peut être nommé,
... soit par l'évêque,
... soit par le châtelain,
... ou par le décimateur dont il relève. Ce qui est le cas ici à St Martin
d'Ollières.
Il peut être assisté d'un ou de plusieurs prêtres. A St Martin d'Ollières , il est assisté d'un autre prêtre. Nous pouvons aussi deviner qu'il a parfois un "communaliste" ou un clerc a ses côtés. Un communaliste est un prêtre originaire de la paroisse et y demeurant mais dont la fonction ne lui procure aucune ressource. (24).
Un clerc est un postulant à la prêtrise dont la préparation intellectuelle et morale a lieu chez un curé du voisinage, car le recrutement local est très fréquent (25). On en trouve trace dans un registre paroissial. Il s'agit de Pierre FRANCOLON, « clerc qui sait signer » (26). : il n'est pas indiqué comme "communaliste", mais comme "clerc", alors que l'on peut penser qu'il est bien originaire de la paroisse .
Hormis Jehan MALAUZAT, il semble qu'aucun des curés olliérois ait été originaire de St Martin d'Ollières. Et si certains ont attiré quelques membres de leur famille, ces dernières ne firent jamais souche. (27)
Voici la liste des curés d'Ollières entre 1568 et 1805.
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"C'est pour l'aménagement de l'église que se manifestent les
premières formes organisées de la vie collective" (28) . En effet,
l'aumône collective pour acheter des objets religieux, les legs entraînent "une gestion
collective, plus ou moins directe, des paroissiens sous un contrôle ecclésiastique" (28).
Cette organisation porte le nom de "fabrique".
Ainsi, la fabrique est une association de paroissiens et de clercs ayant en charge l'administration des fonds et revenus affectés à l'entretien d'une église.
C'est une association propre à la vie religieuse, bien distincte du « conseil paroissial » réservé aux affaires civiles de l'unité géographique concernée.
Un bureau du Conseil est constitué.
Marguillier et luminier en font partie.
Le marguillier a la responsabilité de la fabrique.
Il doit fournir l'ensemble du luminaire en cire et procurer les hosties. Il peut avoir la permission du curé d'officier
et d'administrer les sacrements de l'Eglise si celui-ci est absent (et le vicaire).
Il peut choisir et instituer un vice-marguillier, lequel aura la charge de porter clochette et lanterne lorsque l'Eucharistie
est portée au malade, et de porter la croix devant les défunts.
Tous deux doivent en principe assister à la messe paroissiale de chaque jour.
Le luminier "favorise le bon exercice du culte en s'occupant du matériel et des lieux ecclésiastiques. Il a pour cela une part des revenus de l'église et parfois ceux de biens donnés en fondation". Mais "parfois ce mot est une autre appellation du marguillier ".
Il est aussi le garde du registre public (matricule) où l'on enregistre les pauvres qui demandent l'aumône à la porte des églises.
A Saint Martin d'Ollières, nous trouvons cité en 1738 Etienne MOREL, ‘'maître maréchal, luminier". Naturellement ce dernier sait (au moins) signer.
"C'est la part du produit des terres qui revient à l'Eglise. Quérable,
c'est-à-dire prise dans le champ, elle précède donc le champart seigneurial, portable.
(Elle) ne correspond que rarement au dixième des fruits (d. à la douzième, à la
dix-huitième gerbe...)" (29)
Jean OLLEON donne l'historique de ce bénéfice :
Il "devint obligatoire au VIIIe siècle par deux capitulaires (779 et 794). Charlemagne en fit une loi civile
destinée à compenser les biens dont le clergé avait été spolié par Charles Martel
et par Charlemagne lui-même" . (30)
En ce qui concerne St Martin d'Ollières la dîme était perçue par son curé et reversée au titulaire de ce bénéfice, c'est à dire au prieur de St Germain l'Herm, décimateur de la paroisse.
Ce dernier n'en gardait que la moitié, l'autre moitié revenant au prieur de la Chaise-Dieu
Le montant de cette dîme était de "60 setiers de blé tiercé". (31)
Religieux séculiers, religieux réguliers n'empêchent pas d'avoir des défauts : à preuve une dispute en 1454 entre les habitants de Riolles et le prieur de La Chaise Dieu (32).
les droits curiaux (33)
Ce sont les « droits curiaux ». Ils sont essentiellement de deux sortes :
- la manse, qui correspond aux terres louées par [pour] la cure (34)
- les droits paroissiaux.
Ces droits paroissiaux correspondent aux "contrats" ou "traités" passés avec les paroissiaux,
sachant que les communautés se divisent en pauvres, moyens et riches.
Exemple :
. prêt de son étable pour abriter du bétail,
. accès à des bancs dans l'église,
. droit à un pâté les jours de fête
. charruages
. luminaires
. mariages
. mortuaires (chefs d'autels /enfants de moins de 14 ans/enfants de moins de 7 ans)
A ces droits, s'ajoute la portion congrue
Il s'agit de la "part jugée convenable, en fait insuffisante, qui revient au curé du produit de la dîme ; à la fin de l'Ancien Régime, le bénéficiaire décimateur doit reverser normalement 700 livres" (35)
En ce qui concerne St Martin d'Ollières, le prieur de St Germain reverse en 1726 la somme de 225 livres (36)
L'abbaye de la Chaise-Dieu, 8 siècles d'histoire 1043-1790
GAUSSIN, Pierre-roger - éd. Almanach de Brioude, Brioude 1967
- p. 149 à 152
Dictionnaire historique des fiefs, châtellenies et paroisses de la Haute et Basse-Auvergne
CHABROL, Guillaume-Michel - éd Guénégaud, Paris 1974
le presbytère et la chaumière
VERNUS, Michel - coll. plaisir de l'histoire - éd. Togirix, Rioz, 1986
Etrennes ecclésiastiques à l'usage de la province d'Auvergne pour l'année 1767
chez Pierre Viallanes, Imprimeur-libraire - réf. BNF 8°LC 29.18ter
Base de données documentaire Palissy
Direction de l'Architecture et du Patrimoine du Ministère de la Culture
http://www.culture.fr/documentation/merimee/FRANCE/com-176.htm consultée en 2006 - 2009
Enregistre la croix de procession
Déclaration générale de tous les biens mobiliers et immobiliers du monastère de la Chaise-Dieu - 1789
Fonds Paul Le Blanc 1207 -f. 5386 / 87-138
Histoire d'un prieuré en Velay
GASNE, Simone -
in A moi Auvergne n° 55, 1e trim. 1991 - p. 19 & s.
Dépendances casadéennes dans le canton de Saint-Germain-l'Herm
GAUSSIN, Pierre-Roger - Chroniques historiques d'Ambert et de son arrondissement - n° hors série 14 intitulé "Le canton de Saint-Germain-l'Herm, histoire et archéologie" - 1989 - p. 28 à 30
L'abbaye de La Chaise-Dieu 1043 - 1518
GAUSSIN Roger-Pierre, éd. Cujas, 1962 (thèse)
publié sous le titre Huit siècles d’histoire : l'abbaye de La Chaise-Dieu 1043 - 1790 aux éd. Almanach de Brioude, 1967
Le village de Riolles
RICHARD, Roger
1 - in : "Puy-de-Dôme, cartes sur table - Atlas départemental" éd.
Cartographie et décision - 4e trimestre 1989 - p. 192 (retour au texte)
2 - "Des origines à 1317, le diocèse de Clermont fut l'un des plus grands de France. Il allait jusqu'à Souvigny (Allier) au nord et atteignait au sud les rives du Lot au-delà d'Aurillac (Cantal)" (source ci-dessus) (retour au texte)
3 - GASNE, Simone - in "Histoire d'un prieuré en Velay" - A.M.A. n° 55 - 1e trim. 1991 (retour au texte)
4 - in CHARBONNEL, "Une autre France" p. 814 (retour au texte)
5 - GAUSSIN, Roger Pierre - op. cité
L'image mise ici en lien représente le vitrail de la basilique Saint-Martin à Tours (Indre & Loire)
A propos de Saint Martin et des paroisses ou des lieux qui portèrent son nom, une étude
réalisée par Jean-Mary Couderc, maître de conférences à l'Université de Tours
apporte des informations très complètes sur la toponimie porteuse du nom de Saint Martin. (retour
au texte)
6 - "La dîme est l'impôt payé au profit de l'Eglise. Elle porte sur "tout le grain qui se récolte dans ladite paroisse et en la dîme carnaire" . [C'est la part du produit des terres revenant à l'Eglise] - source : BMU Clermont-Fd - fonds P. LEBLANC #1207 F° 70 cité par Roger RICHARD in "le village de Riolles " p. 92 (retour au texte)
7 - Leur part respective était de 46 setiers en 1669 - Source : OLLEON, Jean - op. Cité p. 28 (retour au texte)
8 - in OLLEON, Jean - op. cité p. 28 (retour au texte)
9 - M. De LA ROCHETTE de ROCHEGONDE - in Almanach de Brioude 1980 (P. 227 à 230) "Un curieux exemple de rivalité entre la noblesse et le clergé de Langeac sous le règne de Louis XIV" qui reprend un extrait de la brochure présentant le canton de Jumeaux : "des rives de l'Allier aux monts du Livradois" (retour au texte)
10 - On en trouve trace dans les textes de liquidation des biens de La Chaise Dieu à la Révolution - (voir Roger RICHARD "le village de Riolles" p. 143 & 144). De même, dans le manuscrit du Fonds Paul LE BLANC MS 910 "pouillé et offices claustraux de la Chaise-Dieu" il est écrit p. 12b que "sont aussi unis audit couvent les seigneuries et prieurés de (...) St Martin des Ollières" (retour au texte)
11 - qu'il enlève à l'évêché de Clermont Ferrand ! (retour au texte)
12 - d'après Renée HOSTIER dont la famille a depuis très longtemps habité la maison concernée (retour au texte)
13 - merci à mon sympathique "traducteur", le fils de Roger ROCHE (retour au texte)
14 - Réunion 1er oct. 1983 - Cercle Généalogique de Pontarlier (Doubs) (retour au texte)
15 - Il serait intéressant de pouvoir consulter les archives diocésaines de St Flour pour trouver quelques traces(retour au texte)
16 - Registre paroissial 1664 - p. 6 et 7 (retour au texte)
17 - qu'il sera intéressant d'étudier pour savoir s'il s'agit d'anciens habitants de Soulages ou des familles ayant des liens avec des "soulageois" (retour au texte)
18 - Elles sont désignées dans un des recensements de l'époque sous l'intitulé "Soeurs de Saint Pol", alors que pour toutes les autres personnes recensées, nom et prénom sont systématiquement cités. (retour au texte)
19 - Semeur Hebdo, vendredi 6 juillet 1990, n° 2317 (retour au texte)
20 - p. 333, ce livre est consultable à la bibliothèque diocésaine de Clermont-Ferrand (retour au texte)
21 - Ils étaient médecins et passent pour avoir soigné gratuitement leurs malades au IIIe siècle. Ils protègent de la peste et sont les patrons des médecins et des chirurgiens. (retour au texte)
22 - ma grand-mère a 11 ans en 1900. Elle me racontait avoir vu prendre les squelettes et observé la colère des 'releveurs' à qui certains chiens arrivaient à 'chiper' quelques os. (retour au texte)
23 - le mandement sera analysé plus précisément dans le chapitre de l'entité administrative (lien à venir) (retour au texte)
24 - in "les cahiers de doléances" Annales du CRDP de Clermont Fd, coll. Documents Régionaux. (retour au texte)
25 - in "Recherches sur les droits paroissiaux en Franche Comté au Moyen-Age" (retour au texte)
26 - Il est cité comme clerc et comme témoin au mariage d'Antoinete FRANCOULON et de Benoît BAILLE le 23 juillet 1743 (retour au texte)
27 - dont est originaire son frère, + Jean, à la naissance de Jean, (date ??) fils d'Izabeau COUDERETTE, d'Ollières (peut-être venu près de son beau frère après le + de son mari ?) (retour au texte)
28 - in "Vivre au village au Moyen-Age" p. 62 (retour au texte)
29 - in "Les cahiers de doléances" Annales du CRDP de Clermont -Fd, coll. Documents régionaux - p. 64 (retour au texte)
30 - in "Les cahiers de doléances", p. 38 (retour au texte)
31 - in OLLEON, Jean, op. cité p. 40 (retour au texte)
32 - in RICHARD, Roger, op. cité p. 14
33 - réunion du 1er oct. 1983 - Cercle de Généalogie de Pontarlier
34 j'avais noté "pour" la cure ?
35 - in "Les cahiers de doléances" p. ?
36 - OLLEON, Jean - doc. cité p. 41
37 - in Almanach de Brioude 2005, Saint-Vert sous
l'Ancien Régime, Frédéric CHALLET, p.
204 à 224
Une partie des dîmes de Saint-Vert était dûe à l'abbaye de la Chaise-Dieu, comme SMO. (retour
au texte)
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