|
|
|
||||||||||
vent d'ailleurs (liens) |
Un drôle d'intitulé pour un chapitre sur les mots et l'écriture me
direz-vous ?
Non, car un écrivain - celui qui fait acte d'écrire - fourbit ses mots comme d'autres fourbissent leurs armes.
Jusqu'à tendre à ce qui lui paraît être sa perfection. Il remet son ouvrage à l'examen,
le travaille, le peaufine jusqu'à ce qu'il lui paraisse parfait.
D'ailleurs, Michel Tournier (**) ne dit-il pas joliment
| (...) le mot est la matière première de l'écrivain, et il n'est pas surprenant qu'on en trouve partout dans son atelier et prêts à l'usage, ou bien usés, brisés, jonchant le sol, ou encore exposés en vitrine comme des choses rares et précieuses, mais devenues inutilisables. |
Mais allez savoir pourquoi, un jour, cet écrivain a laissé courir sa plume
? nul ne le sait, et lui même guère
plus. Anny Duperey (***) l'explique ainsi (...) les humains sont ainsi
faits qu'ils cherchent toujours à mettre leurs émotions en mots.
Quant à Pixis, elle hésite
entre plusieurs possibilités ;-)
Fourmis au bout des doigts, galop du stylo sur la page blanche : tel s'imagine t'on ce qui se passe pour ceux/celles
qui se lancent dans l'aventure.
A cette image du stylo, de la plume... que d'encre coulée sur ce thème !
N'est-il pas meilleure façon d'en parler que de citer ce poème de Robert
Gélis
Si mon stylo était
magique Si mon stylo était artiste, Mais mon stylo est un farceur |
Mais dans la réalité le premier jet peut être
moultement retravaillé et le galop est alors fortement syncopé. Comme une partition de musique il
faut que les mots soient harmonieusement distribués, que leur rythme soit bon. Cela n'effraie pas les fourmis,
qui sont de fortes travailleuses comme chacun sait. ;-)
Et pour ce travail de mise en point, les ateliers d'écriture apportent les outils sur l'établi du scribe. C'est ce que mon expérience en la matière m'a fait découvrir. Il n'est pas de trop de découvrir des techniques, d'illustrer celles-ci par des textes, d'échanger des impressions, d'entendre ce que font les autres, d'apprendre à apprivoiser les mots, à s'en jouer... bref, tout un apprentissage joyeux !
A ce goût, à ce plaisir, à cette découverte des techniques, il convient d'y adjoindre également la pratique car cette dernière permet d'acquérir automatismes et efficacité. Profiter de la moindre occasion pour faire courir son stylo sur la page blanche est une stimulation bien agréable, qui maintient l'entraînement.
Enfin, l'écrivain n'est-il pas, selon Hélie de Saint Marc un laboureur de mémoire ? n'est-il pas celui qui travaille et retravaille les souvenirs au gré de l'instant et qui les examine à la loupe pour mieux les disséquer, les analyser, les transcender, les colorier, les souligner, voire même les falsifier ?
Je suis parmi tant d'autres un simple chercheur de phases |
Il existe paraît-il, un instant dans l'écriture |
Enfin, je voudrais citer Pierre Sansot, philosophe, anthropologue et écrivain (*****) pour lequel
| Écrire ou peindre ou danser ou produire des oeuvres musicales - non point d'abord
pour éprouver ses talents ou pour dire le monde ou pour aider ses semblables à donner un sens à leur
vie, mais pour chercher à s'approcher de soi et ne pas " se louper " durant toute une existence. |
![]()
(*) poésie
trouvée sur le site :
Robert Gélis a publié h.c. "Histoires et contes du loup-phoque" en trois tomes (info trouvée
sur le site http://bibliographienationale.bnf.fr). Je remercie l'auteur de son autorisation. (retour
au texte)
(**) lu dans un article de l'Express du 15 juin 2006 p. 112-113, Tournier : l'épris des mots, propos recueillis par Thierry Gandillot (retour au texte)
(***) in Le voile noir, éd. du Seuil, coll. Points n° P146, p. 37 (retour au texte)
(****) le slam est un tournoi de poésie au cours duquel chacun peut réciter ses poèmes. Slam veut dire schelem (retour au texte)
(*****) que j'ai découvert sur le site
des haïkus de Martine dans son commentaire du 20 août 2007
Un très bel hommage a été rendu à Pierre Sansot par Yves
Chalas (retour au texte)
... à propos
du site ... |