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| - histoire et techniques de l'élevage et des filatures - présentation du travail du fil (moulinage, ourdissage, ... ) - machines d'usine pour la fabrication des étoffes (tissage & tricotage) |
Quelques photos prisent lors de sa visite illustrent les lignes qui suivent. Si vous cliquez dessus, elles s'agrandiront.
Avant d'en savoir plus, notons les mots caractéristiques, propres à ce sujet ==>
| sériciculture | la culture de la soie |
| bancel / faïsse | terrain étroit aménagé sur des sols pentus
pour y cultiver des mûriers. |
| bombyx | nom scientifique du ver à soie |
| magnan | nom cévenol donné au ver à soie |
| magnanerie | lieu de la maison où sont élevés les chenilles
(dernier étage de la maison) |
| magnarelle | femme cévenole ayant en charge l'élevage des vers à soie |
| claie | longue planche de bois posée sur des tréteaux |
| mûrier | ou "arbre d'or" dont les feuilles nourrissent
exclusivement les chenilles des vers à soie |
| cocon | après éclosion de l'oeuf, c'est l'enveloppe dans
laquelle se développe la chenille |
| bruyère | arceau posé sur la claie auquel grimpe et se fixe la chenille |
| filature | activité qui permet de récupérer le fil de
soie qui composait le cocon |
| moulinage | c'est l'étape qui suit la sériciculture, celle qui
va finaliser le fil de soie pour lui donner le calibrage voulu. |
| tissage | l'opération qui consiste à utiliser les fils pour
créer un tissu |
| pébrine | maladie qui se développa au début du XIXe et que
Pasteur réussit en partie à enrayer |
Le papillon femelle est fécondé dès sa sortie du cocon et meurt après avoir pondu ~500 oeufs.
La période d'incubation de ces oeufs est d'une quinzaine
de jours. Pour que l'éclosion des larves puisse avoir lieu (il y faut une certaine chaleur),
les magnarelles mettaient un petit sac entre leurs seins.
Lorsque l'embryon sort, il est devenu une chenille poilue, noire, d'une longueur d'un millimètre
de longueur. Cette chenille mangera environ 1.300 kilos de feuilles de mûriers apportées 3 ou 4 fois par jour
: son repas est permanent. ...Vous imaginez le travail que cela représente !
Elle fera quatre mues dont la durée varie de 24 à 36 heures,
permettant aux magnarelles de souffler un peu car alors elle ne mange pas.
A la dernière mue, la fixation d'arceaux sur les claies permet au ver d'y grimper et de s'y fixer en tissant une
sorte de toile puis elle secrète en permanence pendant 48 heures le long et unique fil de son cocon.
cliquez pour voir les cocons de plus près
Arrive alors l'étape du décoconnage pour les cocons
qui ne sont pas destinés à la reproduction. Il s'agit de récupérer le fil de chaque cocon,
ce qui représente 800 à 1.200 mètres chacun.
Les cocons sont plongés dans des bassines d'eau bouillante. Ils sont nettoyés. Il faut alors trouver le point
de départ du fil.
Commence alors le filage du fil par une fileuse dont la tâche consiste à réunir plusieurs fils de soie pour lui donner un calibre suffisant.
Les fils quittent alors les Cévennes
pour aller en Ardèche, région voisine où s'effectue le moulinage. Il s'agit de consolider
le fil et à le traiter de différentes façons.
Voici les opérations (source)
- le trempage de la soie dans un liquide légèrement
huileux pour l'assouplir. - le dévidage qui consiste à enrouler le fil d'une flotte placée sur une tavelle (sorte de roue légère en bois) sur une bobine horizontale appelée roquet. - Le doublage qui consiste à assembler les fils de deux roquets différents sur une même bobine. - Le moulinage qui imprime à un ou plusieurs fils un certain nombre de torsions par mètre pour consolider le fil et permettre la fabrication ultérieure de différents types de tissus. |
Il fallait pour cela la force motrice de l'eau, ce qui explique que les moulinages étaient
installées au fond de vallées où se trouvaient les usines
Les salles où se déroulaient les opérations devaient réunir les conditions atmosphériques
nécessaires au travail du fil : une température de 25° et 85% d'humidité.
Une fois les fils prêts ils étaient envoyés aux soyeux de Lyon ou d'ailleurs dans le monde.
L'histoire de la soie commence en Chine bien sûr,
comme chacun sait. Sautons les millénaires pour en arriver à l'époque où des mûriers
furent apportés dans les Cévennes : celle qui se situe entre l'époque où les Romains colonisèrent
ce qui devint la Narbonnaise et le VIe siècle (selon des sources divergentes), bien après les oliviers
et le châtaigniers.
Leur culture débuta au XIIIe siècle, sans chipoter pour savoir s'il s'agit du début, du milieu ou de
la fin du siècle ;-) sachant que le premier "tireur de fil à soie" est signalé en tant que
tel et avec cette dénomination à Anduze à la fin du XIIIe.
Deux siècles plus tard, au XVIe siècle, la chose commence à devenir sérieuse grâce aux
efforts de trois personnages importants.
| François Traucat | pépiniériste qui développe
la culture du mûrier |
| Olivier de Serres | auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet |
| Nicolas de Lamoignon de Basville | intendant du roi Louis XIV en charge du Languedoc
qui fit planter des mûrier les longs des chemins |
Mais c'est au début du XVIIIe siècle, avec les grandes gelées de 1709 qui détruirent beaucoup d'oliviers et de châtaigniers, que l'activité de la soie se développa à titre de substitution.
C'est ainsi que les Cévennes devinrent la première
région du royaume pour la production de la soie. En 1913 il y avait encore 90.000 sériciculteurs (mais
plus que 22.000 en 1930, et une poignée en 2005)
En Ardèche en 1909, 13 000 ouvriers se répartissent dans 590 moulinages soit une moyenne de 22 ouvriers.
Si vous voulez en savoir plus sur l'histoire de la soie, l'encyclopédie Wikipedia a une page intéressante sur le sujet.

« Battage » de la Soie (Chine, XIIe siècle)
source : Wikipédia
cliquez sur la photo pour l'agrandir
(ceci n'est qu'une partie d'une peinture : voir ce
site chinois pour le voir en entier)
![]()
Je vous propose de lire "Soie" d'Alessandro Baricco
que vous trouverez aux éd. Folio. Un très beau texte sur un acheteur d'oeufs de vers à soie qui
se rendit quatre fois au Japon vers 1860.
Vous me direz ce que vous en pensez sur le
blog ?
![]()
1 - "chemins de la soie"
Cet intitulé est né de l'initiative d'un groupe d'historiens et d'ethnologues, de conservateurs de musées,
gestionnaires du patrimoine, animateurs culturels, mais aussi agriculteurs et industriels participant à un programme
de relance du travail de la soie.
Fondée en 1988, "l'Association des Chemins de la Soie" a pour but de mettre en valeur le patrimoine séricole
cévenole ![]()
2
- source
Brigitte Jeune, dans Cévennes Magazine (date ?). Trouvé sur le site : euh... j'ai perdu l'adresse du site
:-(( J'ai donc contacté la revue mais n'ai pas eu de réponse. ![]()
3 - Saint Hippolyte du Fort
Village dont on sent qu'il a connu un développement plus important. Outre l'activité économique qu'avait
développé le travail de la soie, il a accueilli pendant de longues années l'une des écoles
préparatoires militaires (1886-1934) dont
les élèves seront regroupés au sein du nouveau lycée militaire d'Aix-en-Provence. Elle sera
remplacée dans ses locaux par un escadron de gendarmerie mobile jusqu'en 1974, puis transformées en HLM.
Pour en savoir plus sur les écoles préparatoires militaires, voir la page
de Wikipédia ![]()
4 - Nicolas de Lamoignon de
Basville
Il est l'auteur de "Mémoires pour servir à l'histoire du Languedoc" écrit en 1696/1697
avec des renseignements chiffrés intéressants.
Sur cet homme (1648-1724), une biographie a été écrite par le préfet Pierre Poujols en 1992,
intitulée "Basville, roi solitaire du Languedoc" parue aux Presses du Languedoc, collection histoire.
Lire à ce sujet le texte d'une conférence d'Antoine de Falguerolles intitulée "Basville
statisticien solitaire du Languedoc" sur le site de l'Ecole
Nationale Supérieure Agronomique de Montpellier dans le cadre des XXXIe journées statistiques de statistiques
en mai 2004 ![]()
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