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Son intitulé officiel et son écriture officielle en français est "République Socialiste du Viêt Nam" (*1)
Ce qui se dit en vietnamien (*1) Nuóc
Công Hòa Xã Hôi Chu Nghia Viêt Nam.
En abrégé officiel, le pays s'écrit VN ou VNM (*2)
La constitution a été adoptée
le 24 mars 1992.
Le Président de la république est élu pour cinq ans. Aujourd'hui, c'est Monsieur Trân
Duc Luong depuis le 25.09.1997.
Son chef de gouvernement est Phan Van Khai depuis la même
date.
Le pouvoir législatif est détenu par l'Assemblée
nationale (Quoc Hoi) et se compose de 395 sièges.
Un joli méli-mélo de termes géographiques doux et poétiques, chargés d'histoires tour à tour douces et terribles, si chers aux coeurs français : comment s'y retrouver entre Indochine, Cochinchine, Annam, Tonkin, Cambodge, Laos ?
Le Viêt Nam est l'une des composantes de la péninsule
indochinoise, Indochine étant le "nom donné, à partir de 1888, à la
réunion sous une administration unique, des colonies et protectorats français de la péninsule
indochinoise qu’étaient les Cochinchine orientale et occidentale, le Cambodge, l’Annam et le Tonkin
conquis entre 1862 et 1888, auxquels est adjoint le Laos en 1893." (Jean-Pierre Duteil)
Ses frontières longent la Chine, le Laos et le Cambodge.
1.650 km séparent le nord du sud. Et à chacune des extrêmités, une grande plaine fluviale :
le delta du Fleuve Rouge |
le delta du Mékong au sud (40.000 km2) |
3.200 km de côtes le long de la Mer de Chine méridionale.
La superficie totale du pays est de ~330.000 km2 (*3)
Il est intéressant d'y comparer la superficie des deltas : 190.000 km2
La végétation
En raison de son climat tropical, deux types de forêts coexistent
:
- "une forêt dense à feuilles vertes persistantes et
- une forêt tropicale (...)" (*4)
L'essence principale d'arbre au Vietnam est le teck, réputé imputrescible.
Beaucoup de variétés de pins et de bambous.
Particularités :
Deux grands fleuves : le Sông Hông et le Mékong
Un point culminant : le mont PHANSIPAN (3143 m) au nord-ouest dans la Cordillière Annamatique appelée Trường-Sơn.
Provinces :
Trois intitulés qui parlent à nos coeurs :
le Tonkin |
l'Annam au centre |
la Cochinchine au sud |
que l'on retrouve aussi dans la palanche par laquelle certains aiment styliser
la forme du pays :
le nord (et la rondeur de son delta)
le
sud (et la rondeur de son delta)
la région centrale
(entre nord & sud, la longue partie étroite du centre correspondant à la
palanche)
Le Viêt Nam est le pays le plus densément peuplé du monde avec 238,19 habitants/km2 (*5a)en 1998 (80.000.000 h. en 2004 (*5b) 76.000.000 h. en 1999 (*6), 74 600 000 en 1995). Sans oublier les 2.500.000 vietnamiens répartis de par le vaste monde.
Elle se compose d'un patchwork de 54 ethnies
dont les Viets (ou Kinhs) représentent près de 80 %.
Viennent ensuite les Chinois (~3 %), les Thaïs (~2%), les Tays ou Tais (~1,5 %), les Muongs, les Khmers et les
Nungs (chacun ~1,3 %)... (*7)
L'espérance de vie est de 67 ans (1997).
Son taux d'accroissement naturel est ~1,6% et le temps de doublement est de 37 ans (calculé en 1995).
Jusqu'ici la population se déplaçait du nord vers le sud. Or, maintenant les vietnamiens vont là où ils trouvent du travail : le travail peut être au nord.
Pays tropical, la mousson fixe son rendez-vous.
A savoir que "mousson" vient
de l'arabe mausin, qui signifie saison.
D'où deux grandes saisons :
saison humide |
saison sèche |
de mai à octobre |
de novembre à avril |
été chaud & humide saison pluvieuse |
hiver frais & humide au nord de Danang |
hiver doux & sec au sud de Danang |
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==> période de notre voyage <== |
En 1994, les Etats-Unis lèvent leur embargo économique mis en place en 1975
En 1995, un accord de coopération vietnamo-européen est signé entre le Viêt Nam et l'Union Européenne.
Les transports
Le train
Le chemin de fer trans-indochinois est achevé en 1937. Cette unique ligne est celle qui sert
encore aujourd'hui. Depuis, l'écartement des voies s'est agrandi permettant plus de vitesse, sauf au Viêt
Nam où il ne correspond donc plus aux trains d'aujourd'hui, véritable frein à la modernisation
des chemins de fer.
Les productions les plus importantes : le riz, l'arbre à caoutchouc, la badiane
La nourriture de base des vietnamiens. Quelques chiffres :
années |
tonnes |
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1875 |
0.200.000 |
(*12) |
1920 |
1.200.000 |
(*12) |
1989 |
Il n'y a plus d'importations de riz
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1999 |
4.500.000 |
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Aujourd'hui, le Viêt Nam est le second exportateur de riz dans le monde.
Le caoutchouc
Une matière première d'importance.
La badiane
Elle est indispensable au pastis, au pain d'épices et à bien d'autres bonnes choses.
IL n'y a pas de religion d'Etat au Viêt Nam.
Le bouddhisme est la principale religion du pays.
Il s'est largement inspiré de confucianisme et de taoïsme et représente environ 67 % de la population
(1995) (*5b)
La seconde religion est représentée par le catholicisme (8 à 10 %).
Le reste de la population se partage entre
- le taoïsme,
- le confucianisme,
- l'islam,
- le caodaïsme (créé en 1926 et considéré comme une secte) et
- le hoa hao (forme de bouddhisme également considérée comme une secte)
... et les agnostiques
cliquez
sur cette image (originaire de Thaïlande) pour voir l'ensemble
car elle n'est qu'une partie d'un dessin représentant trois bouddhas
![]()
Qu'elles soient liées à la religion, à l'Etat ou au commerce les relations de la France avec l'Extrême-Orient ont toujours été difficiles, et surtout axées sur la Chine.
Le Viêt Nam a fait partie de l'Indochine française,
désignation géographique d'une réalité coloniale datant du milieu du XIXe siècle
(1847) à 1939. En était également membre le Cambodge et le Laos.
L'Union indochinoise naît en 1887 sous la responsabilité du gouverneur général Paul Doumer.
En son membre la Cochinchine, les protectorats d'Annam, du Tonkin et du Cambodge. En 1888 s'y ajoute le Laos.
Les gouverneurs généraux (***)
... |
Lanessan |
1885?- 1886 |
Paul Bert, physiologiste de renom et promoteur de l’école laïque |
1896 - 1902 |
Paul Doumer |
1902 - 1908 |
Paul Beau |
1908 - 1911 |
Klobukowski |
1911 - 1919 |
Albert Sarraut (1914-1916 sans gouvernorat) |
... |
... |
... |
... |
... |
... |
(... - 1940) |
général Catroux |
(1940 - ...) |
amiral Decoux |
Il faut aussi garder en mémoire que les liens Chine / Viêt Nam datent de plus de mille ans, le "seigneur chinois" étant suzeraine de l'autre.
Malgré toutes les difficultés relationnelles, il est à souligner que depuis 1970 le Viêt Nam est membre de la francophonie (OIT).
Une banque : la banque de l'Indochine
Créée en 1875, elle s'installe à Saïgon
et étend peu à peu ses activités également à Nouméa, Pondichéry,
Papeete, Bangkok & Singapour. Et la Chine.
Son siège parisien est au 96 bd Haussmann à Paris.
"Le capital de la banque, 24 millions de francs en 1900, a doublé en 1910 pour atteindre 48 millions. La banque possède un monopole de fait dans les colonies d’Asie, avec privilège de l’émission des billets. (,,,). Ses opérations proprement coloniales ne représentent que 37% de son chiffre d’affaires ; le reste est réalisé par des opérations en Chine, en Inde ou même à Paris" (**).
Cette route mythique "a autant d'aspects
que le voyage compte de jours. ici, large pour une armée, plus loin, juste la place d'un porteur. Elle s'agriffe à la
montagne, s'embourbe dans la rizière, escalade, dévale, se cache sous la paillote, puis en ressort
un peu plus loin et va faire la belle entre feux files d'aréquiers. Elle prend l'alignement pour traverser
les villes, elle va regarder sous le nez tout ce qui l'amuse, - ici un village de pêcheurs, là un antique
tour Cham, plus loin des cotonniers, ailleurs des bambous, - et soudain, elle perd pied et s'arrête, toute
bête, devant un vieux bac rapiécié où les rameurs attendent" racontait Roland
Dorgelès en 1925 (*8).
Il en fit même un poème :
Du Tonkin à la Cochinchine, J'ai dénoué le long ruban De cette Route Mandarine Sur qui le manguier noir incline Sa branche et son fruit succulent. |
Elle est plus prosaïquement la route coloniale n° 1 et doit son "surnom" au fait qu'elle était le chemin suivi par les nouveaux lettrés - les mandarins - pour aller rendre hommage à l'Empereur. D'où la route "mandarine" !
Alexandre de Rhodes,
Ce jésuite français né en 1591 en Avignon, vécut au Viêt Nam de 1627 à 1647 pour
convertir les Vietnamiens. Afin de mieux y parvenir, il eut l'idée de transcrire la langue vietnamienne en caractères
latins. Cette écriture, qui est encore celle qui est utilisée aujourd'hui, s'appelle QUOC
NGU
Ho Chi Minh
Le père du Viêt Nam d'aujourd'hui.
Alexandre Yersin
Ce bactériologiste français d'origine
suisse meurt à Nha Trang (Indochine) en 1943.
Il a découvert le bacille de la peste en 1894 à l'âge de 21 ans. Il intégra
l'Institut Pasteur de Saïgon par le biais d'Albert Calmette.
Il fut également l'un des précurseurs dans la culture de l'arbre à caoutchouc (Hevea brasiliensis)
en Indochine et essaya d'acclimater l'arbre à quinquina (Cinchona ledgeriana).
Marguerite Duras
Ecrivain français qui naquit à côté de Saïgon en 1914, s'inspira de sa jeunesse là-bas
pour beaucoup de ses écrits et reçut le prix Goncourt en 1985 pour son livre "l'amant" et
participa ainsi à relancer l'image du Viêt Nam en France.
Pour les Vietnamiens leur environnement est rempli de forces
"dont
la signification se retrouve dans la cosmologie vietnamienne qui s’inspire de celle élaborée par les Chinois. Dans cette représentation,
le monde est mu par deux forces, le duong et le âm, principe mâle et femelle qui, par leur contradiction
même, donnent souffle et vie à l’univers entier. La nature, comme tous les êtres vivants,
participent de la même essence et sont en communication permanente par l’intermédiaire de
ces courants vitaux." |
Pour en savoir
davantage et retrouver l'origine de ma citation.
Le métissage
Kim Lefèvre (*9) est une métisse franco-vietnamienne née alors que la France était encore présente. Elle a écrit un livre pour raconter ses difficultés. Dans un interview elle souhaite aux Vietnamiens "qu’ils gardent leur âme et ne deviennent pas la proie du grand tourisme de masse. Que le pays ne s’ouvre pas qu’économiquement mais aussi politiquement sur la liberté d’expression. Que la condition des femmes soit meilleure. Je suis d’accord avec l’Etat qui veut conserver la caractéristique culturelle propre. Je ne voudrais pas que le Vietnam devienne comme la Thaïlande. Pourtant la Thaïlande est opulente, propre... mais les Vietnamiens n’ont pas cette « amabilité » qu’ont les Thaïlandais."
Le Vietnamien n'a pas la notion de l'individu : on n'existe que parce que l'on est membre d'un groupe. C'est ainsi que Kim Lefèvre raconte que lorsqu'elle est retournée là-bas chacun entrait ou sortait de ma chambre sans se préoccuper de moi.
Conceptions différentes entre Occident et Asie
Pour illustrer les différences d'appréciation entre le monde
occidental et le monde asiatique :
Dans "Stupeurs et tremblements" d’Amélie Nothomb (*10) (le livre a fait
l'objet d'un film), celle-ci travaille dans une entreprise japonaise. Elle croit bien faire en cherchant à se faire apprécier
alors qu'elle se met à dos tous ses supérieurs à cause de son attitude. En effet, elle fait du zèle
pour se faire bien voir. "Une attitude très bien vue,
voire encouragée dans l’entreprise occidentale. A contrario, dans la société japonaise traditionnelle,
faire preuve d’humilité est cent fois mieux considéré que de faire étalage de ses qualités.
Ainsi, elle « indispose » une délégation d’une autre entreprise parce qu’elle
parle trop bien le japonais ! "
Le grand photo-reporter Philip Blenkinsop note un comportement tout à fait différent
entre la réaction des Asiatiques face à la mort et celle des Occidentaux : "lorsque
les Thaïs voient un cadavre dans la rue, ils s’agglutinent, se délectent du spectacle et en discutent
gaiement entre eux".
Source
La musique
Une chanteuse de jazz très connue au Viêt
Nam, Huong
Thanh, est reconnue en France :
- En 1999 elle sort « Moon and Wind », son premier
album (ACT). C’est une célébration sereine de toutes les facettes de l’amour : celui des
enfants (avec les berceuses de plusieurs régions du Vietnam), celui des parents, celui de la personne qui partage
votre vie, celui de son pays.
En 2001, son deuxième CD « Dragonfly » a obtenu le prix 'Choc du Monde de la Musique' et a été sélection
FIP.
Dans un interview très intéressant
Phan Huy Duong (*11), explique la raison pour laquelle ces écrivains, encore mal connus
en France, sont si craints par les dirigeants vietnamiens.
Moins de cinquante auteurs vietnamiens sont traduits en français d'après
lui. La plupart sont connus par leurs nouvelles. Sur ce total, ceux dont les romans ou recueils de nouvelles sont traduits
ne sont plus qu’une quinzaine. Seule l’écrivain Duong Thu Huong a vu son oeuvre intégralement
traduite en français.
Voici quelques cartes postales d'autrefois :
| Hué, palais du roi (cour des laïs) |
| Annam, riche intérieur dans une campagne |
| Hanoï, pagode des fleurs (motif de décoration) |
| Saïgon, paquebot en
partance pour la France ............. (Messageries maritimes) |
(*1) Information trouvée sur le site du Ministère français de la Culture (retour au texte)
(*2) VN
ou VNM "le code du pays, à deux lettres majuscules, tel qu'il est défini dans la Norme
internationale ISO 3166 4e édition (mise à jour en 1994), "Codes pour la représentation des
noms de pays". Cette norme, établie à partir des formes locales des noms de pays, permet d'identifier
sans ambiguïté les pays, quelle que soit la langue du document utilisé, et de constituer des
listes selon un classement universel." : telle est l'explication exacte formulée sur le site du Ministère
de la Culture
Ceci dit, relativisons, parce que pour la France les lettres codées
sont... FX et FXX ;-))) Vous saviez ça ? (retour
au texte)
(*3) j'ai trouvé respectivement les chiffres de 329.241 (sur le document de l'administration nle du tourisme du Vietnam, 331.689 , 329.560 pour une donnée qui est fixe... (retour au texte)
(*4) source de l'information (à lire car très intéressant) (retour au texte)
(*5a) Ce chiffre est à vérifier : lors d'une conférence de Connaissance du Monde le 8 octobre 2004, le chiffre donné est de 1.000 h./km2
(*5b) Présentation à la conférence de Connaissance du Monde le 8 octobre 2004 citée ci-dessus (retour au texte)
(*6) L'estimation faite en 1998 était 78.500.000 habitants (OIF) (retour au texte)
(*7) Chiffres cités sur la page Vietnam de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) (retour au texte)
(*8)Les grands dossiers de L'Illustration : l'Indochine. Histoire d'un siècle 1843-1944 - Ed. Le livre de Paris, 1987 by Sefag et L'Illustration p. 143 "Sur la route Mandarine" par Roland Dorgelès, 31 janvier 1925. (retour au texte)
(*9) livres de Kim Lefèvre :
..............- Métisse blanche, éditions Bernard Barrault, 1989
(éditions j’ai lu, 1990).
............. - Retour à la saison des pluies, éditions Bernard Barrault,
1990 (éditions de l’aube, 1995).
(*10) Editions Albin Michel, 2000. Source (retour au texte)
(*11) Traducteur de romans vietnamiens en français et responsable de la collection « Vietnam » chez l’éditeur Philippe Picquier connait sur le bout des doigts la littérature vietnamienne. (retour au texte)
(*12) Revue française de généalogie, fév./mars 2005, p. 44 réponse 4935 (retour au texte)
(**) par Jean-Pierre Duteil, professeur à l'université de Paris VIII, sur le site de Clio (partie bibliothèque) dans un texte intitulé : "Les Français en Indochine, des années 1830 à la fin de la deuxième guerre mondiale" (retour au texte)
(***) qui peut m'aider à combler mes lacunes ? merci de bloguer pour me répondre.
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